26 Août 2001 Clicanoo AOM-Air Liberté: Les administrateurs mettaient hier la dernière main au plan social
Au total, 802 postes de personnels au
sol, 245 de pilotes et mécaniciens navigants, et 358 d’hôtesses et stewards
doivent être supprimés. Hier, les administrateurs judiciaires mettaient la
dernière main aux listes des salariés concernés, pour poster les lettres de
licenciement impérativement avant 18h.
Mais l’exercice, qui consiste à croiser les listes de volontaires (plus de
800 au total) et celles des personnels «premiers licenciables» selon les critères
légaux (ancienneté, charges de famille…), en fonction également de l’équité
entre les populations d’AOM et celles d’Air Liberté pour les navigants, des
possibilités de reclassements internes, et des différentes demandes de
mutation, s’avérait complexe. Ainsi, selon la déléguée CFDT Fadhila
Brahimi, «il faudra encore repeigner la liste pour le sol, et certains qui
auront reçu une lettre de licenciement pourront se voir proposer une mutation,
pour finalement rester dans l’entreprise». Pour le reclassement des licenciés,
une réunion est prévue lundi au ministère des Transports, avec les représentants
d’entreprises publiques (SNCF, RATP, Snecma, Aéroports de Paris) susceptibles
d’embaucher employés du centre d’appel téléphonique, agents d’escale,
techniciens de maintenance aéronautique… Déjà, nombre d’hôtesses et
stewards ont retrouvé une place à Air France, selon un responsable syndical, même
si cela se traduira par un salaire réduit pour ceux qui y laissent leur
ancienneté.
Tour de table
A présent, la compagnie va
s’attaquer rapidement à un nouveau dossier : la fusion entre AOM et Air
Liberté, et la refonte des statuts du personnel.
Pour le président du directoire, François Bachelet, «la refondation sociale
de l’entreprise est l’un des grands chantiers», qu’il faut «mener très
vite, d’ici fin octobre, d’autant plus que les esprits sont mûrs pour cela».
«Relance commerciale et refondation sociale seront indispensables pour boucler
le tour de table», prévient-il, alors que la compagnie, qui ne prévoit pas de
retour à l’équilibre avant 2003, vit actuellement sous perfusion de
l’ancien actionnaire Swissair, qui doit verser 1,3 milliard de F au total. «Nous
sommes dans un état d’esprit constructif, nous serons des partenaires
responsables, et les salariés veulent faire redécoller la compagnie»,
explique Paul Fourier, pour la CGT, mais, prévient-il, «nous ne ferons pas de
co-gestion et n’avalerons pas n’importe quoi». De plus, selon Jean-Charles
Bandler (CFTC), «la manière indescriptible dont les listes de licenciés ont
été établies a conduit à poser des bombes à retardement partout».
D’autant qu’au-delà des différences de culture entre AOM et Air Liberté,
et des dégâts que la crise de ces derniers mois a causés entre les syndicats,
voire au sein-même de certains d’entre eux, sont prévues en octobre des élections
professionnelles, exercice qui encourage rarement à l’entente cordiale. «Aujourd’hui,
le climat social est à la construction», tempère de son côté Jean Immediato
(SNPL, pilotes), «et chacun sait quel est l’enjeu : soit on réussit, soit
c’est la liquidation». - 2001©Clicanoo.com - STOR
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