19 Août  2001    Clicanoo      Le plan social d'AOM-Air Liberté s'éclaircit

De 1 853 dans le projet de reprise de la société Holco, puis 1 405 après prise en compte des premiers volontariats, le nombre de licenciements est tombé vendredi à 834 (204 pilotes, 47 hôtesses et stewards et 583 personnels au sol), 571 salariés candidats au départ ayant alors annoncé à la direction de la compagnie leur intention de partir. «Cela ne veut pas dire que le plan social est revu à la baisse», a tempéré le délégué CGT Paul Fourier, «mais simplement qu’il sera moins douloureux, car une partie des volontaires au départ ont déjà retrouvé un emploi». Cet emploi, une majorité des salariés en partance devraient le retrouver chez Air France. Celle-ci, qui devrait, selon plusieurs sources, reprendre environ 500 anciens d’AOM-Air Liberté, entend recruter en fonction de ses besoins, qui sont surtout élevés pour la catégorie des hôtesses et stewards (1 000 recrutements prévus en 2001). Recrutés par Air France, ou en passe de l’être, les hôtesses et stewards constituent la majorité des départs volontaires. «Avec un tel nombre de départs, on pourrait arriver à zéro licenciement chez les hôtesses et stewards», ont affirmé de concert la CGT et la CFDT.

«à la fois fusion et plan social»

La situation est autrement plus compliquée pour les pilotes, monoqualifiés, et qui, en cas de changement d’appareil, doivent entreprendre une formation coûteuse (entre 200 000 et 500 000 francs) pour l’entreprise qui les reprend. Le problème se pose notamment pour les 94 pilotes d’avions moyen courrier Fokker 100 de l’ex-TAT, activité non reprise par Holco. Pour ces salariés, les solutions évoquées sont partielles: une vingtaine d’entre eux devraient être gardés par AOM-Air Liberté, alors qu’un projet de filiale Fokker 100 commune avec Corsica Tour, évoqué en CE selon la CGT, pourrait en reprendre d’autres. 

ACCORDER UNE AIDE AUX SALARIÉS

Le reclassement des personnels au sol pose également problème, les grandes entreprises censées pouvoir les employer (Air France, SNCF, RATP ou Aéroports de Paris) n’ayant guère manifesté d’intérêt particulier pour eux. Les syndicats d’AOM-Air Liberté espèrent sur ce point que la réunion de travail prévue sur ce thème au ministère des Transports le 27 août contribuera à débloquer la situation. Vendredi, le délégué CFDT Gilles Nicoli a de nouveau plaidé pour qu’une aide d’Etat de type Cellatex soit accordée aux salariés qui seront licenciés, «vu le montant ridicule des indemnités prévues par la convention collective, notamment pour les salariés au sol». Rassurés par ailleurs par le versement de 300 millions de francs effectué par Swissair, qui permet à AOM-Air Liberté de poursuivre son activité, les participants au CE ont souligné l’importance du travail de recensement des effectifs et des métiers mené ces dernières semaines. «Il nous a fallu, en trois semaines, réaliser à la fois la fusion d’AOM et d’Air Liberté, qui n’avait jamais été effective, et réaliser un plan social dans la foulée, alors que tout était sens dessus dessous dans la compagnie», a expliqué vendredi soir l’administrateur judiciaire Gilles Baronnie. Dans l’attente de la reprise du CE, prévue lundi à 14h30 au siège d’Air Liberté à Rungis (Val-de-Marne), les syndicats continuaient samedi et dimanche à travailler sur les critères de licenciement, la liste des salariés concernés devant être finalisée mardi au plus tard. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -