11 Août  2001    le web de l'Humanité     AOM-Air Liberté limite la casse

Le repreneur de la compagnie a annoncé qu'une centaine de postes allaient être préservés. 1 853 emplois devaient être supprimés, le projet de reprise de Jean-Charles Corbet, pilote d'Air France, permettra de réduire sensiblement ce chiffre. 500 employés seront également replacés dans le groupe Air France. La désignation des personnels concernés par le plan de licenciement s'opérera en fonction de critères susceptibles de coller aux dispositions réglementaires (ancienneté, âge...), afin d'éviter des condamnations en cas d'éventuelles plaintes.

11 Août  2001    le figaro.fr      AOM-Air Liberté: entre colère et résignation

Epilogue d'une longue crise, le comité d'entreprise de la compagnie AOM-Air Liberté s'est ouvert hier dans une atmosphère tendue. En attendant leur nouvelle direction et les deux administrateurs judiciaires nommés par le parquet de Créteil, les élus syndicaux oscillent entre la colère et le soulagement d'en finir. Des groupes se forment. Les uns, tendus, attendent patiemment, offrant aux caméras des visages de marbre. Les autres, se voulant décontractés, conversent entre deux cigarettes et un appel sur leur mobile. On revient sur les négociations, le choix du repreneur... Certains rient : «Il faut bien faire aller.» D'autres tempêtent, ironisent : «Il manque encore 700 millions de francs à ce plan de reprise», souligne l'un d'eux avant de s'emporter : «Le deuxième plan présenté par Marc Rochet était bouclé lui! Et il prévoyait mille licenciements de moins!» Peut-être. Mais la simple évocation de l'ancien patron de la compagnie suffit à en faire exploser quelques-uns : «Ce qu'on voulait avant tout, c'était ne plus avoir affaire à lui! Tu es d'accord ?», s'adresse un syndicaliste en pleine polémique, à son antagoniste qui, cette fois, opine du bonnet. Les simples salariés, dans l'attente de leur sort, semblent paradoxalement moins agités. Dans la navette qui les transporte entre Orly Sud et le siège de la compagnie, l'atmosphère est lourde. Mais l'impression dominante est celle d'une profonde lassitude. Si Marc Rochet a réussi à faire l'unanimité dans le rejet, Jean-Charles Corbet est loin de l'atteindre en matière de confiance. Les passagers, à mi-chemin entre la résignation et le sang-froid de ceux pour qui «ça passe ou ça casse», conversent doucement, échangent des propos aussi désabusés que leurs sourires.«Je préférerais quand même ne pas partir, les CDD, tout ça, j'ai déjà donné», résume un jeune steward. «Le plus terrible, ce sera pour les anciens qui repartiront de zéro dans une société», précise un de ses collègues. Encore jeune, tiré à quatre épingles et le sourire de rigueur, celui-ci semble confiant. Mais avoue son amertume : «En dehors des personnels navigants pour lesquels il existe des sociétés de replacement, les autres se débrouilleront comme ils pourront.» - Philippe Migault - Droits de reproduction et de diffusion réservés © lefigaro.fr 2001. - Le Figaro est membre du réseau EDA. -

11 Août  2001    Europe1.fr     AOM-Air Liberté: le CE suspendu jusqu'à lundi

Les discussions se sont poursuivies jusqu'à 1h30 la nuit dernière mais les syndicats et les administrateurs judiciaires ne sont pas tombés d'accord sur les critères de licenciement des salariés. Ils se sont donnés le week-end pour y réfléchir. Plus d'un tiers des salariés de la compagnie aérienne doit être licencié dans le cadre du plan de restructuration. Les membres du comité d'entreprise tentent de définir des critères pour établir une liste. Mais les choix sont difficiles. Les syndicats et les administrateurs judiciaires se sont donc laissés le temps de réfléchir. Samedi, 11h00: Le plan social est cependant plus allégé que prévu. Hier, Jean-Charles Corbet, le repreneur d'AOM-Air Liberté, a confirmé sur Europe 1 qu'une centaine de postes supplémentaires pourraient être sauvés sur les 1.853 suppressions annoncés précédemment. Finalement, les syndicats ont annoncé 1.405 licenciements. 300 départs volontaires ont été entérinés par la nouvelle direction. Les syndicats sont réunis ce week-end en commission pour établir des accords propres à chaque catégorie de personnel. Ils vont tenter de respecter une certaine parité entre les salariés des différentes compagnies de l'entreprise, AOM, Air Liberté, TAT... Sceptiques quant au projet de reprise de la société par Jean-Charles Corbet, pilote d'Air France, les salariés d'AOM et d'Air Liberté rivalisent d'incertitudes sur leur avenir. Du côté d'AOM, on craint d'être davantage pénalisé que les salariés d'Air Liberté, plus anciens. Quels seront les critères retenus pour les licenciements ? Y aura-t-il un appel au volontariat ? Le doute plane et le stress est omniprésent pour le personnel, même si les repreneurs tentent de se montrer plus confiants. François Bachelet, fraîchement nommé à la présidence du directoire, a annoncé que le nouveau nom de la compagnie serait rendu public dès le mois de septembre, à l'occasion du salon des professionnels du tourisme Top-Resa à Deauville. Une promesse, selon lui, "symboliquement très importante" pour les salariés et un passage obligé, de toute façon, pour deux entreprises qui fusionnent. En abordant le sujet des licenciements, François Bachelet a insisté sur le "traumatisme réel" qu'ils engendraient au sein de l'entreprise mais a également souligné l'espoir que représentait la reprise de la compagnie pour les salariés qui restaient. Des salariés qui avouent pour nombre d'entre eux avoir passé les tests de sélection d'Air France et espéré une embauche à la clef pour sortir de ce scénario catastrophe. "Nous avons postulé en masse. Aujourd'hui, la grande question est Air France ou pas Air France" avoue Philippe, 32 ans, agent au sol d'Air Liberté. - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Europe1.fr 2001 -

11 Août  2001    Clicanoo     AOM doit licencier 1800 salariés

La réunion, qui rassemblait depuis 16 heures une cinquantaine d’élus et de représentants syndicaux et les deux administrateurs judiciaires chargés de mener à bien le plan social prévu par la nouvelle direction, s’est poursuivie tard hier soir.. Le comité d’entreprise (CE) doit déterminer les critères à partir desquels doivent être désignés les personnels concernés par le plan social, les administrateurs judiciaires en charge de l’opération ayant déclaré que les lettres de licenciements seraient envoyées «au plus tard le 20 août». Hier matin, le repreneur de la compagnie, Jean-Charles Corbet, a annoncé qu’une centaine de postes supplémentaires pourraient être sauvés ce qui ramènerait à environ 1 750 le nombre des licenciements. La réunion devait tenter de dégager un compromis entre des administrateurs judiciaires, soucieux de respecter les critères de licenciements légaux (ancienneté, âge, charges de famille...), et des syndicats espérant voir les licenciements répartis équitablement entre les différentes «populations» de la compagnie (AOM, Air Liberté, TAT...). Pessimiste sur ce point, le délégué CFDT Gilles Nicoli estimait avant la réunion que «malheureusement aujourd’hui, aucun critère légal ne permet de maintenir l’équité entre les différents personnels sur le plan des licenciements». Selon lui, «la seule possibilité pour faire un plan social plus juste serait que l’Etat se décide à débloquer des fonds pour les aides au départ, comme il l’avait fait l’an dernier pour les ouvriers de Cellatex».

Ambiance tendue

L’ambiance apparaissait tendue avant le début du CE, la perspective du plan social ayant dilué l’union syndicale constatée fin juillet autour du projet Holco. «On est passé de la défense des intérêts collectifs à la sauvegarde des intérêts catégoriels et individuels», a commenté un délégué syndical.
La situation diffère en effet en fonction des catégorie de personnels, le sort des salariés étant en partie lié aux possibilités de reclassement, notamment chez Air France. Un relatif optimisme prévaut pour les hôtesses et stewards grâce à l’addition des reclassements externes et des dispositifs de retraite, selon plusieurs syndicats. Ils seraient en outre les principaux bénéficiaires de la réduction du nombre de licenciements (une centaine) annoncée vendredi matin, selon ces mêmes syndicats. Les solutions de reclassement apparaissent plus problématiques pour les pilotes et mécaniciens navigants, en raison d’un niveau des salaire et d’un coût de formation élevés et de la propension d’Air France à privilégier le recrutement de jeunes pilotes. L’avenir apparaît encore plus sombre pour les personnels au sol (mécaniciens, maintenance, escale). «Là, c’est la catastrophe», glisse un délégué syndical, «car il sont un millier concernés, qui ne disposent ni d’un salaire leur permettant de vivre un peu avec les indemnités de départ, ni de possibilités de reclassement identifiées». Aussi un nouvel appel aux départs volontaires a été lancé. «Nous étudions la mise en place de cet appel. Les personnels concernés auront jusqu’au 16 août pour se faire connaître», a précisé le délégué CGT Paul Fourier. «Cela permettra de se faire une idée du nombre de salariés qui envisagent ou sont en passe de partir, et d’éviter ainsi à d’autres salariés de se retrouver licenciés».

Un divorce coûteux pour Swissair

Swissair s’apprête à verser lundi prochain 1,3 milliard de francs français (198,2 millions d’euros) à la compagnie française AOM/Air Liberté pour solde de tout compte après leur annonce de divorce en avril. En échange de ce versement, Swissair qui détenait 49% d’AOM/Air Liberté, ne pourra pas être poursuivie en justice pour une quelconque raison, liée à sa gestion passée de ce qui devait devenir le «deuxième pôle aérien» français. Cet engagement a été entériné le 1er août par le tribunal de commerce de Créteil, près de Paris, ayant accepté l’accord conclu entre la société Holco dirigée par le pilote Jean-Charles Corbet, repreneur d’AOM/Air Liberté, Swissair et ses associés. Quelle que soit la validité juridique de cet accord, il est néanmoins contesté par une partie des pilotes de la compagnie française qui refuse le fait que «Swissair se dédouane de ses responsabilités alors que le montant du passif (d’AOM/Air Liberté) s’élève à près de 2,7 milliards de francs français», a expliqué le 8 août Bruno Hemery, président d’»Air 100», regroupant 70 des 94 pilotes d’AOM-Air Liberté. Malgré le black-out de Swissair sur ses activités avant une prochaine conférence de presse semestrielle, prévue le 30 août à Zurich, différents analystes suisses estiment que l’engagement financier de la compagnie aérienne suisse en France va largement dépasser les 1,3 milliard de francs français cette année. Patrik Schwendimann, analyste à la Banque cantonale de Zurich, consulté par l’Agence télégraphique suisse (ATS), chiffre le prix de la sortie fin juin d’Air Littoral à 200 millions de francs suisses et celui de la sortie d’AOM/Air Liberté à un total de 460 millions de francs suisses. Swissair détenait 49% d’Air Littoral et 49,5% d’AOM/Air Liberté. Ces coûts sont couverts par la provision de 2,4 milliards de francs suisses constituée en 2000 par SAirgroup, redevenu Swissair en avril lors de l’annonce d’une totale restructuration de la compagnie, effrayée par «les pertes abyssales» dues à une politique d’achat démesurée initiée par son ex-patron, Philippe Bruggisser. Au prix de cette sortie, s’ajoutent les pertes des deux compagnies françaises entre janvier et avril, que le nouveau patron de Swissair, Mario Corti, avait chiffré à 80 millions de francs suisses par mois, cette somme s’additionnant au 500 millions de FF (115 millions de FS) injectés au printemps par Swissair pour assurer la survie à court terme d’AOM/Air Liberté. De plus, ce divorce entre Swissair et ce «deuxième pôle aéronautique» raté a engendré des frais indirects, difficiles à chiffrer précisément, comme le rétablissement début juillet par la compagnie suisse d’une liaison entre Genève et Paris, jusqu’alors assurée par AOM/Air Liberté. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -