10 Août 2001 Clicanoo AOM-Air Liberté: Difficile de dresser la liste des 1853 licenciements
Le comité d'entreprise, qui débutera à 14 h au siège Air Liberté à Rungis (Val-de-Marne), rassemblera autour d'une même table les élus syndicaux, des représentants de la direction, ainsi que les deux administrateurs judiciaires chargés de mener à bien le plan social prévu par la nouvelleL'INCONNUE AIR FRANCE
Les administrateurs judiciaires apparaissent soucieux de coller aux dispositions réglementaires, et notamment aux critères légaux (accords d'entreprises, ancienneté, âge, handicap, charges de famille...), ce qui permet de minimiser tout risque de condamnation ultérieure aux prud'hommes en cas de plainte d'un salarié licencié. La situation est compliquée par l'existence d'accords d'entreprise distincts dans les différentes entités de la compagnie (AOM, Air Liberté, TAT...). Certains accords stipulent par exemple qu'un arrêt d'une activité entraîne le licenciement des salariés de cette activité, alors que d'autres prennent d'abord en compte des critères tels que l'ancienneté pour établir la liste des salariés licenciés. Les syndicats, désunis et eux aussi "dans le brouillard" sur cette question des critères, selon l'expression d'un délégué, espèrent déboucher sur des solutions qui permettront de maintenir un équilibre entre les différentes "populations", notamment celle d'AOM et celle d'Air Liberté. "Si on ne prend en compte que l'ancienneté, cela privilégiera les personnels d'Air Liberté et TAT, et tuera 80% de la population AOM", estime par exemple le secrétaire du CE, Serge Monnin (CFDT). Les syndicats réclament également l'établissement rapide d'une liste de volontaires au départ, notamment les nombreux salariés (400 à 600 selon la CGT) qui ont déposé un dossier d'embauche chez Air France. Les syndicats, qui étaient reçus hier après-midi au ministère des Transports sur cette question des reclassements, réclament de la compagnie nationale qu'"elle donne rapidement des réponses, pour que certains salariés puissent partir, et permettre à d'autres de ne pas être licenciés", selon le délégué CGT Paul Fourier.
LE NOUVEAU NOM SERA ANNONCÉ EN SEPTEMBRE
Le nouveau nom de la compagnie AOM/Air Liberté devrait être annoncé fin septembre, a indiqué hier son nouveau président du directoire François Bachelet sur France 2. "On pense pouvoir l'annoncer à la fin septembre", à l'occasion du salon des professionnels du tourisme Top-Resa à Deauville, a précisé M. Bachelet. La question du nouveau nom de la compagnie n'est pas "fondamentale, mais elle est symboliquement très importante pour marquer une rupture avec une situation du passé. Un nom unique pour deux entreprises qui fusionnent, c'est indispensable techniquement, a-t-il ajouté. Début août, M. Bachelet avait promis un nouveau nom de baptême d'ici deux à trois semaines. Aujourd’hui se tient un comité d'entreprise consacré au plan social qui doit aboutir au départ de 1853 des 4559 salariés de la compagnie. "On parle des licenciements qui sont une réalité sociale et un traumatisme réel pour l'entreprise. Mais il y a toujours deux faces à une médaille. Pour les salariés qui restent, il y a un réel espoir de reprise qui est attesté par les premières réactions de la clientèle", a souligné M. Bachelet. Interrogé sur l'arrivée de nouveaux investisseurs pour financer la relance de la compagnie, M. Bachelet a expliqué que ces investisseurs "seront intéressés quand l'entreprise pourra permettre des espoirs de gains ou de valorisation". "Il n'y a aucun doute dans mon esprit que ces investisseurs viendront compléter le tour de table à hauteur de ce qui est nécessaire dans les 18 mois qui viennent", a-t-il assuré.
DES PILOTES ENVISAGENT DE PORTER PLAINTE CONTRE SWISSAIR
Une association de pilotes d'AOM-Air Liberté, issus de l'ancienne compagnie TAT, envisage de porter plainte contre l'ancien actionnaire Swissair pour que celui-ci "assume ses responsabilités et finance jusqu'au bout la restructuration de la compagnie", a-t-elle indiqué mercredi. L'association "Air 100", qui regroupe près de 70 des 94 pilotes AOM-Air Liberté issus de TAT, "va tout d'abord adresser des mises en demeure aux administrateurs judiciaires et au comité d'entreprise pour qu'ils fassent appel du jugement de reprise prononcé le 27 juillet, qui met Swissair à l'abri de toute poursuite judiciaire", selon son président Bruno Hemery. "Mais si les administrateurs et le CE n'agissent pas, nous engagerons des poursuites judiciaires contre Swissair", a ajouté M. Hemery. "Nous refusons que Swissair, qui a consenti à donner 1,3 milliard de francs au repreneur Holco en échange de l'abandon de toute poursuite judiciaire, se dédouane de ses responsabilités, alors que le montant du passif s'élève à près de 2,7 milliards de francs et qu'aucune aide au départ n'est prévue pour les salariés qui seront licenciés", a expliqué M. Hemery. Les pilotes issus de TAT, compagnie placée en location-gérance d'Air Liberté en 1997, volaient notamment sur des avions moyen-courriers Fokker 100. Or ces appareils ne sont pas compris dans le plan Holco de reprise d'AOM-Air Liberté, ce qui fait craindre aux pilotes concernés d'être automatiquement placés sur la liste des 1 853 salariés qui doivent être licenciés d'ici la fin du mois dans le cadre du plan de restructuration de la compagnie.
ACCORD AOM - AIR FRANCE
Tak réclame une enquête parlementaire. Suite à l’article paru dans notre édition d’hier, le député-maire du Tampon André Thien-Ah-Koon réclame une enquête parlementaire et se déclare prêt à porter plainte devant la Commission européenne. La révélation localement des dessous de l’accord en passe d’être signé par AOM - Air Liberté et Air France n’a pas manqué de susciter des réactions. Dans un communiqué, le député-maire du Tampon, André Thien-Ah-Koon, déclare : “Les vicissitudes et les difficultés traversées ces dernières semaines par AOM - Air Liberté sont en passe d’être résolues mais ne doivent pas déboucher sur une situation monopolistique contraignante pour les Réunionnais et les petits revenus qui ont le droit et le devoir de revoir leurs parents à la Réunion ou ailleurs. Je pense aussi aux nombreux Réunionnais qui travaillent en métropole. Si l’éventualité d’un monopole organisé a pour conséquence de limiter la liberté de se déplacer, à l’instar des autres pays, du fait même de notre insularité, alors les lois de notre pays doivent intervenir en leur faveur”. Après avoir rappelé le cadre réglementaire définissant la libre concurrence et les pratiques anticoncurrentielles, le parlementaire du Sud demande au gouvernement “de prendre ses responsabilités vis-à-vis des Réunionnais, dans le cas des transporteurs aériens entre la Réunion et la métropole et à partir des informations alarmantes en notre possession aujourd’hui.” André Thien-Ah-Koon réclame au Premier ministre et à l’Assemblée nationale une enquête parlementaire “dans les domaines des transports aériens et maritimes sur les pratiques tarifaires des compagnies entre la Réunion et la métropole et sur les implications des accords commerciaux conclus entre ces compagnies”. Faute d’obtenir satisfaction, le député-maire du Tampon envisage de porter plainte devant la Commission européenne. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -