03 Août  2001    TF1.fr     AOM: Corbet fait table rase du passé

Les nouveaux dirigeants du pôle aérien veulent mettre en œuvre leur plan de redressement dans six mois au plus tard. Jean-Charles Corbet, porteur du projet de reprise, a promis un reclassement pour l’ensemble du personnel qui devra quitter la nouvelle compagnie.  Dans quinze jours, un nouveau nom pour le pôle. Dans un mois et demi, une fusion des deux compagnies. Dans six mois, la mise en place d’un plan de redressement viable. Et, dès à présent, une rupture avec les stratégies passées de British Airways et Swissair. Le président du directoire d’AOM-Air Liberté, François Bachelet a fixé la barre très haut : "nous ne voulons pas faire de la concurrence à Air France par du dumping tarifaire, mais essayer d'être meilleurs", grâce à "une couleur, un ton à nous, une plus grande personnalisation du service. Nous voulons une compagnie qui se démarque", a-t-il déclaré. Tout le personnel licencié d'AOM-Air Liberté sera reclassé, a promis dans la foulée le président du conseil de surveillance du pôle aérien français Jean-Charles Corbet. "On va aller chercher partout où c'est possible", a-t-il ajouté, évoquant notamment l'intérêt manifesté par la compagnie de charters Corsair. Le projet Holco choisi pour reprendre AOM-Air Liberté prévoit de garder 2706 des 4559 salariés. Les 1853 autres quitteront volontairement l'entreprise ou seront licenciés d'ici fin septembre. Jean-Claude Gayssot est confiant. Outre 28 millions de francs (4,27 millions d’euros) mis par Swissair dans la cellule de reclassement, Holco a provisionné 160 millions de francs (24,39 millions d’euros) pour "accompagner le plan social", a précisé M. Corbet. La liste des postes supprimés a déjà été rédigée, a expliqué le président du directoire François Bachelet. Le comité d'entreprise se réunira lundi ou mardi pour tenter de mettre des noms devant ces postes, a-t-il ajouté. Seule organisation syndicale à ne pas avoir signé le projet du pilote, la CFTC exprime sa "forte inquiétude concernant le montage financier et le plan social". "L'absence d'éléments précis fait craindre de piètres renégociations des statuts du personnel", a-t-elle averti. Une crainte que ne partage pas le ministre des Transports. Jean-Claude Gayssot a réaffirmé sa confiance dans une "vraie dynamique de développement qui s'instaure dans le transport aérien" en France. "Tout doit être fait par les services publics de l'emploi ainsi que par les entreprises publiques de transport pour que les salariés qui ne pourront être réintégrés dans la nouvelle structure ne soient pas laissés de côté", a-t-il souhaité.