01 Août 2001 Europe1.fr AOM-Air Liberté change de bord
Comme prévu, le groupe de Jean-Charles Corbet, Holco, a pris possession aujourd'hui du pôle aérien. Swissair ne versera les 1,3 milliards de francs destinés à la restructuration d'AOM Air Liberté que le 13 août. L'actionnaire helvétique et le commandant de bord d'Air France sont parvenus hier soir à un accord sur le versement par Swissair de 1,3 milliards de francs, protocole que le tribunal de commerce de Créteil avait réclamé vendredi. Swissair a obtenu le délai de paiement qu'il réclamait, jusqu'au 13 août. Ce délai correspond aux dix jours pendant lesquels un recours peut être déposé contre le protocole. Ce dernier contient en effet une clause de renonciation aux poursuites contre les actionnaires d'AOM-Air Liberté, Swissair et Taitbout Antibes du patron des patrons français, Ernest-Antoine Seillère. Swissair veut éviter d'être l'objet de poursuites civiles, qui pourraient l'entraîner à payer davantage que 1,3 milliards. "Il n'y aura pas de recours de la part d'Holco", a assuré l'administrateur judiciaire Gilles Baronnie, "mais comment empêcher qu'un tiers en dépose un?". Jean-Charles Corbet a néanmoins pris possession aujourd'hui d'AOM-Air Liberté, sans les fonds de Swissair. Le financement de l'exploitation des dix prochains jours incombera donc aux administrateurs. Le commandant de bord d'Air France a promis de garder 2706 salariés sur un total actuel de 4559. Un plan social devrait être mis sur pied dans la semaine. La transaction définitive entre Swissair et M. Corbet doit encore être homologuée dans la journée par le tribunal de Créteil. - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Europe1.fr 2001 -
Licenciements: 22 août date butoir pour AOM-Air Liberté
Les lettres de licenciement destinées aux personnels d'AOM-Air Liberté concernés par le plan de restructuration seront envoyées "au plus tard le 22 août", a indiqué aujourd'hui un conseiller de la nouvelle direction, Pierre-Yves Lagarde. Pierre-Yves Lagarde a par ailleurs précisé qu'un "comité d'entreprise d'AOM-Air Liberté aura lieu en début de semaine prochaine. Durant cette réunion, les administrateurs judiciaires détermineront les critères qui seront retenus pour établir la liste des personnels qui seront licenciés dans le cadre de cette restructuration. Le plan social d'AOM-Air Liberté, dont la reprise a été confiée le 27 juillet au projet Holco mené par le pilote d'Air France Jean-Charles Corbet, doit être finalisé d'ici un mois par les administrateurs judiciaires chargés du dossier. Le projet de restructuration d'Holco prévoit le départ de 1.853 des 4.559 salariés de la compagnie (avec filiales). - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Europe1.fr 2001 -
01 Août 2001 Clicanoo AOM-Air Liberté: près de 2000 salariés sur le carreau
Ces rencontres, qui se poursuivront aujourd’hui avec les hôtesses et stewards, après les personnels au sol demain matin et les pilotes demain après-midi, ont pour objectif de déterminer «des critères de licenciement acceptés par tous et le plus équitables possible», selon l’expression du nouvel homme fort de la compagnie, le pilote d’Air France Jean-Charles Corbet. Cet objectif sonne comme une gageure dans un compagnie qui n’a, au plan social, jamais achevé la fusion entre les deux entités AOM et Air Liberté et où les disparités de statuts et de qualifications sont légion. Ces critères devront pourtant être définis d’ici un mois, délai avancé par plusieurs délégués syndicaux, et au-delà duquel 1 853 des 4 559 salariés de la compagnie (avec filiales), selon les derniers chiffres du dossier Holco, devront avoir quitté la compagnie. Première difficulté, selon les syndicats: se procurer des informations exactes sur l’état de l’entreprise, notamment sur les effectifs. «Il manque de nombreux éléments chiffrés et nous n’avons même pas aujourd’hui la liste des effectifs salariés par catégorie», déplore la délégué CGT Sylvie Faure qui ajoute: «Même les documents du dernier comité d’entreprise sont truffés d’erreurs». Elle soupçonne l’ancienne direction d’avoir «dynamité ce qu’elle pouvait avant de partir».
CRITÈRE PROBLÉMATIQUES
La deuxième difficulté tient aux divergences qui n’ont pas tardé à se faire jour entre syndicats et administrateurs judiciaires chargés de mettre en œuvre le plan social. La CGT déplorent que ceux-ci créent un «blocage» en voulant «fusionner les personnels et établir les listes de licenciements, en appliquant stricto sensu les critères légaux: ancienneté, charges de famille, âge et handicap», selon le délégué Paul Fourier. Cette position contraste avec celle de la majorité des syndicats, qui veulent d’abord établir les listes des volontaires pour un départ de la compagnie, puis répartir les licenciements entre les deux entités AOM et Air Liberté en fonction de leur repartition dans chaque catégorie. Chez les hôtesses et stewards, dont la grille de salaire sera gelée pendant trois ans, mais qui subiront pour une bonne partie d’entre eux (au moins 30% selon la CGT) des pertes de salaires en raison des déclassements, la situation reste étroitement liée à l’attitude d’Air France, qui a prévu d’embaucher près de 1 500 d’entre eux entre juin 2001 et mars 2002. «Près de 200 de nos hôtesses et stewards ont été embauchés pour l’instant chez Air France, avec un taux de réussite au tests d’entrée de plus de 80%, contre 30% en moyenne», indique M. Fourier, «même s’ils sont engagés au bas de la grille des salaires, quelle que soit leur ancienneté». Les réunions se poursuivaient hier après-midi chez les personnels au sol et pilotes, où la définition des critères reste également problématique. Les premiers en raison de leur éclatement géographique et de la multiplicité des catégories. Les seconds en raison de l’instauration de l’actionnariat salarié, la propension des pilotes à participer à l’échange salaire contre action prévu par la nouvelle direction pouvant constituer un critère de sélection supplémentaire, comme le notent, voire le craignent, plusieurs délégués. syndicaux.
NÉGOCIATIONS SUR LE DÉLAI DE PAIEMENT DE SWISSAIR
Le repreneur d’AOM-Air Liberté, Jean-Charles Corbet, et le groupe Swissair, tenu de verser 1,3 milliard de francs pour la relance du pôle aérien français, négocient un délai de paiement d’environ dix jours mais sans remise en cause du principe même de ce paiement, a expliqué hier l’administrateur judiciaire Gilles Baronnie. Selon le jugement prononcé vendredi par le tribunal de commerce de Créteil (région parisienne), M. Corbet et Swissair avaient jusqu’à minuit pour signer un protocole d’accord officialisant leur transaction, le pilote devant prendre possession d’AOM-Air Liberté mercredi 1er août. Le tribunal avait en outre conditionné le versement à la renonciation de poursuivre les deux actionnaires du pôle aérien, Swissair et Taitbout-Antibes (le holding du patron des patrons français Ernest-Antoine Seillière). «Swissair veut bien payer à la date de prise de possession» d’AOM-Air Liberté par son repreneur, mais «à condition que le délai de tout droit de recours soit épuisé», a précisé mardi Me Baronnie. Comme juridiquement un recours (visant notamment la clause de renonciation aux poursuites) peut être déposé contre le protocole dans un délai de dix jours après sa signature, le groupe suisse n’entend pas verser d’argent pendant cette période, afin d’être prémuni contre un tel recours, a expliqué l’administrateur. Dans la foulée se pose une autre question: «qui va exploiter la compagnie entre le 1er août et le paiement de Swissair?», selon Me Baronnie. Les discussions battaient leur plein à ce sujet mardi en fin d’après-midi et risquaient de durer jusque tard dans la nuit. «Je pense qu’on va y arriver», notait cependant à Paris une source proche de Swissair. «Ce n’est qu’une question de forme, pour un accord conclu vendredi dernier», a assuré pour sa part une porte-parole de Swissair à Zurich.
ACCUEIL FAVORABLE DU GOUVERNEMENT POUR LA LIGNE ALGÉRIENNE
Le gouvernement français accueille favorablement le projet de la compagnie aérienne AOM-Air Liberté de desservir l’Algérie, à commencer par l’ouverture d’une ligne Paris-Alger dès novembre, a indiqué le ministère des Affaires étrangères. «Nous sommes naturellement favorables à tout projet susceptible de faciliter les conditions de circulation des personnes entre la France et l’Algérie», a déclaré le porte-parole adjoint du ministère, Bernard Valéro. Alors qu’Air France, traîne les pieds pour reprendre ses vols à destination de l’Algérie, AOM-Air Liberté, a annoncé son intention de développer des liaisons avec l’Algérie. «On aimerait ouvrir Paris-Alger à partir de novembre 2001, puis Marseille-Alger, et à terme desservir plusieurs villes d’Algérie, dont par exemple Constantine», a déclaré lundi Jean-Charles Corbet,. «Il appartient à la compagnie de saisir les autorités compétentes, c’est à dire le ministère de l’Equipement, du Transport et du Logement, ainsi que les autorités algériennes pour obtenir les autorisations administratives nécessaires», a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Air France, majoritairement détenu par l’Etat, refuse de reprendre ses vols vers l’Algérie, suspendus depuis une prise d’otage dans un de ses Airbus en décembre 1994 entre Alger et Marseille. Cette attitude de la compagnie aérienne est devenue l’un des principaux points de contentieux dans les tentatives de relance des relations franco-algériennes, entamées quelques mois après l’élection du président Abdelaziz Bouteflika il y a environ deux ans.. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -