26 Juillet  2001    Clicanoo     AOM-Air Liberté: le projet Corbet-Holco favori du CE

Le CE se poursuivai thier en fin d’après-midi au siège d’Air Liberté à Rungis (Val-de-Marne), alors que les tractations en vue d’éventuelles alliances continuaient dans la coulisse entre les différents candidats. «Nous ne savons pas encore si le CE donnera un avis sur des projets qui pourraient encore évoluer, notamment en cas d’alliance, ou si nous donnerons un avis dans l’état actuel des choses», a indiqué le délégué CGT Paul Fourier lors d’une interruption de séance. Le CE devait examiner les quatre candidatures considérées comme les plus sérieuses: celles du président d’AOM-Air Liberté Marc Rochet (soutenu par MAAF assurances), du pilote d’Air France Jean-Charles Corbet (projet «Holco» soutenu par la banque canadienne CIBC), de la société Fidei, filiale de l’américain Leucadia, et de l’ancien président d’AOM Alain Atlani. Le CE pourrait bien, à l’issue de la journée, réaffirmer son soutien au projet Corbet-Holco, en faveur duquel la majorité des syndicats s’étaient prononcés la semaine dernière, estimant qu’il était «le seul qui comporte un projet social, avec un périmètre d’entreprise récemment élargi». 

AVIS SYNDICAUX DIVERGENTS

Mais les avis syndicaux sur les projets de reprise sont loin d’être unanimes dans une compagnie où les appréciations des salariés peuvent diverger selon qu’ils sont issus d’AOM ou d’Air Liberté, qui ont fusionné commercialement en mars dernier. La candidature Holco rassemble ainsi les suffrages des principaux syndicats de personnels au sol (FO et CFDT, majoritaires dans cette catégorie) et d’hôtesses et stewards (CGT et SNPNC, également majoritaires), ainsi que du SNPL Air Liberté, dont un des délégués, Jean Immediato, est associé au projet. Ces syndicats, qui sont en majorité issus d’Air Liberté, condamnent dans leur ensemble l’attitude du pdg de la compagnie, Marc Rochet, qu’ils voudraient voir «faire ses valises» au plus vite, selon l’expression de la CGT. Les avis sont moins tranchés du côté de certains syndicats de personnels navigants de l’ex-AOM, accusés par les autres syndicats d’avoir négocié directement avec Marc Rochet. Cela a valu à certains élus issus d’AOM d’être démis de leurs fonctions, ont indiqué des sources syndicales concordantes. Une autre voix s’est fait entendre au sein de l’entreprise: celle de l’association (loi 1901) «AOM-Air Liberté agir pour l’avenir». Celle-ci, qui déclare regrouper «près de 500 salariés» de l’entreprise, «conteste» le soutien de «certains représentants syndicaux et du personnel» au projet de reprise «Holco». Mandaté par les élus du CCE, le cabinet d’expertise Secafi Alpha a de son côté préconisé hier dans son rapport aux élus du personnel la «fusion» des offres de reprise Holco et Rochet pour «assurer la sauvegarde» de l’entreprise AOM-Air Liberté.
Cette éventualité n’est pas à exclure, les tractations entre les différents acteurs du dossier se poursuivant hier soir. Un délégué syndical pouvait ainsi affirmer en début de soirée qu’»aux dernières nouvelles, la MAAF serait toujours en discussion avec les projets Rochet et Corbet».

RENÉ MICAUD ET LA REPRISE D'AOM - AIR LIBERTÉ : J'ai été approché mais je ne suis associé à personne"

Président fondateur d’Air Outre Mer, René Micaud nie être intéressé par la reprise d’AOM - Air Liberté et surtout pas dans le cadre de l’offre présentée par Alain Atlani qui de toute façon a peu de chances de franchir la barrière du tribunal de commerce de Créteil. Alain Atlani sent le souffre. René Micaud ne veut plus entendre parler de celui qui fût un temps son compagnon de route. Lorsque à la fin des années 80, l’ancien professeur de mathématiques devenu agent de voyages boucle son tour de table financier pour lancer Air Outre Mer, l’apport d’Alain Atlani permet au capital de la future compagnie de passer de 750 000 F à 19,5 millions de francs. En avril 1990, la banque Saga rachète les actions d’Alain Atlani qui quelques mois plus tard sera rattrapé par la justice. Tout cela appartient au passé. René Micaud s’il reconnaît s’intéresser toujours au sort de celle qui est devenue AOM - Air Liberté affirme avoir tourné définitivement la page Atlani et ne pas être partie prenante dans l’offre de reprise que ce dernier a déposé au tribunal de commerce de Créteil.
Dans un courrier type adressé à l’ensemble des médias qui en métropole comme à la Réunion se sont faits l’écho de son “come-back”, René Micaud qui préside aujourd’hui aux destinée du groupe Air Entreprise indique qu’il n’est pas le rédacteur et n’apporte aucun soutien à l’offre déposée par Alain Atlani. “M. Atlani se présente le plus souvent en France et à l’étranger comme le fondateur et l’ancien “patron” d’AOM, titres qu’il s’attribue indûment et qui entretiennent souvent la confusion entre son nom et le mien. En effet, j’ai fondé la compagnie Air Outre Mer en 1987, M. Atlani en est devenu actionnaire en 1988 seulement et il en est sorti en avril 1990, soit deux mois avant le premier vol vers la Réunion. Il n’en est donc pas le fondateur. M. Atlani pour ce court laps de temps où il est resté actionnaire, était seulement président du conseil de surveillance et j’en étais moi-même le PDG. Il n’en a donc jamais été le “patron”. Dans une autre lettre adressée celle-ci à Marc Rochet, président d’AOM - Air Liberté, René Micaud admet cependant “avoir été approché par différents candidats mais n’être associé à aucun”. En tout état de cause, l’offre Atlani n’a quasiment aucune chance de franchir la barrière du tribunal de commerce de Créteil. Son dossier est considéré comme étant le moins solide des quatre déposés mardi matin sur le bureau de la juridiction. Hier, le tribunal de commerce a examiné à huis clos les différentes offres. Il rendra sa décision vendredi au plus tard. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -