05 Juillet 2001 Le figaro.fr Economie Fidei et Holco au coude-à-coude pour AOM-Air Liberté
Le contenu des quinze offres de reprise d'AOM-Air Liberté, présenté hier au cours d'un comité d'entreprise (CE), a déçu les syndicats comme les administrateurs judiciaires chargés du dossier. «Les candidats repreneurs n'ont pas montré les garanties financières nécessaires», ont estimé les administrateurs judiciaires, avant d'indiquer que «ces derniers ont jusqu'au 16 juillet pour apporter ces garanties». Et de préciser, aussi, que la situation d'AOM-Air Liberté «resterait très tendue jusqu'au 19 juillet». Même les deux favoris à la reprise d'AOM - Fidei et Holco - n'ont pas convaincu. «Nous avons un sentiment de flou, tant sur les périmètres de reprise que sur le statut à venir des personnels», a réagi Serge Monnin (CFDT), secrétaire du CE avant de s'étonner du manque d'aboutissement de certains projets: «Certains ont juste déposé une lettre d'intention. Ils vont sans doute affiner leur proposition ces jours-ci ou bien louer leurs services au candidat retenu». Détachés du «peloton des candidats», Fidei et Holco vont se livrer bataille. Tous deux affirment, s'ils sont retenus, avoir l'assurance du soutien financier de Swissair. Ces deux candidats, reçus en privé par les administrateurs, présentent toutefois, selon les syndicats, «deux offres sérieuses et argumentées sur les cinq de reprise globale», selon les termes de Jean Immediato, délégué SNPL, qui soutient Holco, emmené par Jean-Charles Corbet. Soutenu par la banque canadienne CIBC, Holco reprendrait 2-545 personnes sur 4-978 avec filiales. De son côté, Fidei - ce n'est plus un secret pour personne - a les faveurs du PDG d'AOM-Air Liberté, Marc Rochet. Selon l'avocat du fonds d'investissement, filiale de l'américain Leucadia, Jean-Pierre Versini-Campinchi, le projet de Fidei «n'aurait pas vu le jour sans accord avec les Suisses». Et d'ajouter: «Tous les aspects du dossier ont été examinés avec les avocats de Swissair. Nous pensons que les Suisses feront, si notre projet est retenu, l'effort financier attendu.» Toujours selon l'avocat, le plan de Fidei remettrait AOM-Air Liberté en ordre de marche dès la fin 2001. «En attendant, les actionnaires doivent renflouer la société, à hauteur d'au moins 1,5 milliard de francs pour éponger ses dettes et aider à sa restructuration», rappelle-t-il. Dans le détail, Fidei, qui compte maintenir Marc Rochet aux commandes, reprendrait AOM-Air Liberté via un holding créé à cet effet et baptisé «Participation aérienne». Les fondateurs de Fidei, Jean-François Delepoulle et Jean-Fréderic Lambert, détiendraient 51-% du capital du holding et pourraient en rétrocéder 15-% aux salariés. Le reste (49-% du capital) serait aux mains de Leucadia. Le projet prévoit la reprise de 2-300 employés ainsi que 300 personnes liées aux activités annexes (catering...). En outre, Air France pourrait être associé dans le cadre d'un accord de «partage de code». «Un autre accord commercial pourrait également être conclu avec le Club Med», a indiqué Me Versini-Campinchi. -Virginie Vétil - Droits de reproduction et de diffusion réservés © lefigaro.fr 2001.- Le Figaro est membre du réseau EDA.05 Juillet 2001 Europe1.fr Aucun repreneur solide pour AOM-Air Liberté
Les administrateurs judiciaires de la compagnie affirment qu'aucun des 15 candidats potentiels n'apporte pour le moment les "garanties financières nécessaires". Les repreneurs potentiels ont jusqu'au 16 juillet pour revoir leur copie. Jeudi, 07h40: "Aujourd'hui, aucun projet ne représente une situation viable", a déclaré un des administrateurs, Beaudoin Libert, à l'issue d'un comité d'entreprise extraordinaire destiné à faire le point sur les offres de reprise. "C'est surprenant, mais c'est ainsi à l'heure actuelle", a-t-il ajouté, précisant que les candidats au rachat n'envisageaient pas la reprise du passif de la compagnie, estimé à près de deux milliards de francs. Les administrateurs judiciaires affirment vouloir privilégier "une solution de reprise globale". Les éventuels repreneurs ont jusqu'au 16 juillet au soir pour revoir leur projet et apporter des garanties. Puis les administrateurs soumettront un ou plusieurs dossiers au tribunal de commerce de Créteil, le 19 juillet. De leur côté, les syndicats, qui s'inquiètent d'un possible démantèlement de la compagnie, ont exprimé leur "consternation" à l'issue du comité d'entreprise. La compagnie aérienne AOM-Air Liberté avait annoncé mardi avoir reçu cinq offres de reprise globale et dix autres portant sur une reprise partielle de la société en dépôt de bilan depuis le 15 juin. Les deux projets principaux, qui dominent toujours, sont le projet Fidei, qui avait reçu le soutien de la direction et du ministère des Transports, et du Projet Holco (Corbet). Jean Immédiato, délégué du Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), a confirmé que "qu'aucun n'a encore fait la preuve d'une solidité financière suffisante, en attendant que les tours de table soient précisés" d'ici au 16 juillet. Selon des documents fournis par la direction, l'offre Holco envisage de conserver dans son périmètre d'activité 2 532 des 3 879 salariés d'AOM-Air Liberté, mais sans reprendre les filiales. L'offre Fidei envisage, elle, de garder 2 034 salariés d'AOM-Air Liberté, mais également certains personnels des filiales, soit au total 2 827 salariés sur un total (AOM-Air liberté + filiales) des 4 978 salariés. - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Europe1.fr 2001 -05 Juillet 2001 Clicanoo AOM-Air Liberté : Les offres de rerprise jugées très insuffisantes
"Aujourd'hui, aucun des quinze projets ne représente une situation viable", ont affirmé Gilles Baronnie et Beaudoin Libert, à la sortie d'un comité d'entreprise extraordinaire tenu à Rungis. Les deux hommes ont qualifié de "très inquiétant le manque d'informations, notamment financières, fournies jusqu'ici par les candidats". Les administrateurs ont ainsi recalé temporairement les deux projets de reprise globale considérés comme les plus sérieux, le projet Fidei (filiale de l'américain Leucadia), qui avait reçu le soutien de la direction et du ministère des Transports, ainsi que le projet Holco mené par le pilote d'Air France Jean-Charles Corbet, avec le soutien de la banque canadienne CIBC. Selon de la direction, l'offre Holco envisage de conserver dans son périmètre d'activité 2532 des 3879 salariés d'AOM-Air Liberté, mais sans reprendre les filiales. L'offre Fidei envisage de garder 2 034 salariés d'AOM-Air Liberté, mais également certains personnels des filiales, soit au total 2 827 salariés sur un total (AOM-Air Liberté + filiales) des 4 978 salariés. Les candidats ont jusqu'au 16 juillet au soir pour "finaliser leur tour de table", c'est-à-dire convaincre des investisseurs capables de soutenir financièrement un projet de reprise crédible, le tribunal de commerce de Créteil devant rendre son jugement le 19 juillet, ont précisé MM. Baronnie et Libert. Les deux administrateurs judiciaires, qui affirment vouloir "privilégier une solution globale", ont expliqué les conditions d'un projet de reprise viable pour la compagnie AOM-Air Liberté.Accords sociaux menacés ?
Ils ont indiqué que les projets de
reprise se plaçaient "dans une perspective de plan de cession, donc sans
reprise du passif de la compagnie", estimé à près de deux milliards de
francs et que l'actionnaire principal Swissair serait disposé, selon la CGT, à
verser "en cas d'offre de reprise sérieuse".
Selon les administrateurs judiciaires, les candidats à une reprise globale d'AOM-Air
Liberté devront présenter "des garanties pour mener à bien le projet de
restructuration de la compagnie et disposer d'un fonds de roulement pour assurer
l'activité", à condition que les actionnaires actuels remettent au pot
pour réduire le déficit. Dans le périmètre actuel (3 879 salariés hors
filiales, 4 978 avec filiales), les candidats doivent par exemple pouvoir bénéficier
d'un fonds de roulement "supérieur à 300 millions de francs",
ont-ils précisé. Ils ont également indiqué qu'ils n'excluaient pas la
possibilité "d'une reprise qui se fasse par association de l'un des cinq
projets de reprise globale avec d'autres projets (dix au total) de reprise
partielle". S'agissant de la trésorerie, les deux administrateurs
judiciaires ont affirmé que "la situation de l'entreprise" resterait
"très tendue jusqu'au 19 juillet". Les syndicats ont exprimé de leur
côté une inquiétude, voire de la "consternation" pour la CGT, de la
"déception" pour la CFDT, face à la faiblesse des dossiers de
reprise. CFDT, CGT et SNPL ont également critiqué la fait que FIDEI assortisse
sa proposition d'une clause suspensive de dénonciation des accords d'entreprise
existants. "Il est hors de question de revenir sur les accords sociaux en
vigueur dans la compagnie", a prévenu le délégué CFDT Gilles Nicoli.
Les syndicats ont enfin indiqué qu'aucun des projets de reprise présentés
hier n'envisageait la reprise des liaisons avec Cayenne (Guyane).
PAUL VERGÈS ET JEAN-LUC POUDROUX AUJOURD'HUI À PARIS
Comme nous vous l’annonçions dans notre édition de vendredi dernier (29
juin), les présidents des deux principales collectivités locales assisteront
cet après-midi, à 15h30 (heure de Paris) à la réunion initiée par le ministère
des Transport et les secrétariats d’Etat à l’Outre-mer et au Tourisme. La
décision de cette réunion a été prise par le gouvernement le mercredi 26
juin en fin de matinée, alors que les élus du Département venaient tout juste
d’en faire la demande le même jour, quasiment à la même heure, pour
discuter de l’urgence (la situation d’AOM-Air Liberté) et de l’avenir de
la desserte aérienne de la Réunion. C’est donc Paul Vergès, président de
la Région, et Jean-Luc Poudroux, son homologue du conseil général, qui représenteront
notre département à Paris, à cette rencontre qui se déroulera dans les
locaux du ministère des Transports, en présence du ministre Jean-Claude
Gayssot, de Christian Paul et de Michèle Demessine, respectivement secrétaires
d’Etat à l’Outre-mer et au Tourisme. Le gouvernement a convié à cette réunion
les quatre présidents de Région, les quatre présidents de Départements
d’outre-mer et Gaston Flosse, président du gouvernement de la Polynésie française.
“Nous souhaiterions apprécier avec eux la situation de la desserte aérienne
et évoquer les initiatives qui pourraient être prises à court terme”, précise-t-on
à Paris.
En fait, le gouvernement souhaite connaître dans quelles mesures les
collectivités locales pourraient financièrement intervenir dans la desserte aérienne
outre-mer, sachant que l’aérien ne relève pas, pour l’instant, de la compétence
des assemblées locales. “La participation financière des collectivités
locales fait partie des conditions d’un des repreneurs actuellement en
lice”, fait-on remarquer à Paris. Il sera également sans doute question de
la continuité territoriale. “Dans toute solution qui sera proposée, la Réunion
doit être présente. Elle doit prendre en main son désenclavement à l’image
de ce qui se fait à l’île Maurice”, a toujours plaidé Paul Vergès.
Jean-Luc Poudroux n’y voit aucun inconvénient tant qu’il s’agit de la
desserte de la Réunion. Et le conseil général veut bien mettre la main à la
poche. “Si en combinant continuité territoriale et subventions des
collectivités locales, on pouvait diminuer le coût des billets d’avion, tout
en pérennisant la desserte aérienne, actuellement assurée par AOM, ce serait
l’idéal”, dit-il.
- Y.M - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique
/ le Journal de l'île -