01 Juillet  2001    Clicanoo   Journée cruciale pour AOM-Air Liberté

Le ministère des transports est «raisonnablement optimiste» et espère qu’une «reprise globale» sera possible tandis que les syndicats craignent un démantèlement. Le PDG de la compagnie de charter toulousaine Aeris, Charles-Henri Rossignol, a confirmé vendredi qu’il déposerait avant la date limite un dossier pour la reprise du seul pôle charter d’AOM-Air Liberté. Ce scénario est celui du démantèlement. L’activité charter d’AOM-Air Liberté représente 25% de son activité avec environ 400 personnes salariées, dont 250 navigants. Les compagnies emploient au total quelque 5.200 personnes.
M. Rossignol a précisé qu’il proposerait de reprendre environ 230 navigants et 45 membres du personnel au sol et d’intégrer une quarantaine d’autres personnes aux sous-traitants qui assurent la maintenance et l’assistance au sol chez Aeris.Le tribunal pourrait cependant préférer une offre globale, a-t-il reconnu, tout en soulignant qu’il «n’est pas sûr qu’il y en ait». Plusieurs candidats pourraient proposer une solution d’ensemble, notamment la société financière française FIDEI, le pilote d’Air France Jean-Charles Corbet, avec le soutien de la banque CIBC World Market (Canada) et le pilote d’AOM Philippe Nourot associé à un homme d’affaires Philippe Rouxel. Les syndicats craignent que le projet FIDEI soit très lourd sur le plan social.

Appel aux actionnaires

Le projet Corbet, qui sera présenté demain lundi selon une source syndicale, pourrait recevoir le renfort d’une association de salariés des compagnies en cours de formation. «Des discussions sont en cours avec M. Corbet» à ce sujet, a indiqué un membre du comité d’entreprise d’AOM-Air Liberté.
De son côté, M. Nourot a confié qu’il déposerait une offre lundi, sans plus de précision. Un rapprochement des projets de MM. Corbet et Nourot pourrait également déboucher sur une proposition commune : «rien n’est fait, mais nous ne sommes pas hostiles à tout rapprochement», a commenté M. Nourot. Un comité d’entreprise est prévu pour mercredi matin au cours duquel tous les projets déposés seront examinés par les élus, précise-t-on de source syndicale. «Il y a eu un travail important fait par les candidats repreneurs», a estimé vendredi le directeur du cabinet du ministre des transports, Gilles Ricono se déclarant «raisonnablement optimiste». En dépôt de bilan depuis le 15 juin, le deuxième pôle aérien français a été autorisé le 19 juin par le tribunal de commerce de Créteil à poursuivre ses activités, en étant placé sous surveillance judiciaire pendant trois mois. La compagnie ne tiendra pas aussi longtemps. Son PDG Marc Rochet avait prévenu qu’une solution devait être trouvée avant le 10 juillet, faute de quoi il y aurait liquidation. Mais le tribunal de commerce peut faire appel aux actionnaires pour maintenir à flot la compagnie, une semaine de plus, le temps nécessaire pour examiner les offres de reprise, a commenté M. Ricono. Quant aux passagers partis outre-mer avec AOM-Air Liberté, ils pourront toujours, en cas de liquidation, être rapatriés, sur des avions affrétés où même réquisitionnés, a-t-il indiqué. Pour l’instant cependant, tous les vols prévus par AOM-Air Liberté «remplissent toutes les conditions de fonctionnement et ont un coefficient de remplissage tout-à-fait satisfaisant», assure le syndicat national des agences de voyage (SNAV). - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -