30 Juin 2001 Clicanoo Transport: Vers une semaine décisive pour AOM-Air Liberté
«Je suis raisonnablement optimiste, il y a eu un travail important fait par les candidats repreneurs», a-t-il déclaré. Le tribunal de commerce, auprès duquel les offres pour la reprise des compagnies doivent être déposées avant lundi 2 juillet 18h, peut faire appel aux actionnaires pour maintenir à flot ces compagnies, le temps d’examiner ces offres, a-t-il indiqué, précisant que cette possibilité était prévue juridiquement. Le tribunal de commerce a besoin d’au moins quinze jours pour examiner les offres de reprise, a-t-il indiqué. Actuellement, la trésorerie des compagnies permet d’assurer environ une semaine d’activité, «petite ou grande, jusqu’au 5, 7 ou 10 juillet», a-t-il estimé. «Il faudrait une semaine supplémentaire pour une entreprise qui perd 3 millions de francs par jour», a indiqué M. Ricono. «S’il y a des offres sérieuses, ce que nous pensons, je vois mal les actionnaires refuser les 30 millions de F qu’il faudrait pour maintenir l’activité une semaine de plus», a-t-il commenté. «Le gouvernement souhaite une solution où il y ait le plus de maintien du périmètre d’activité de ces compagnies et le moins de casse socialement», a-t-il indiqué, soulignant qu’il y avait «plus de 5 000 emplois à la clé».
LES PASSAGERS DE L'OUTRE-MER RAPATRIÉS ?
Interrogé sur les différents projets de reprise qui pourraient être déposés, il a simplement indiqué que «tous les repreneurs potentiels ont la capacité de déposer des offres» mais qu’il ne savait pas s’ils «iraient jusqu’au bout». «Tout doit être fait pour qu’on n’arrive pas à une situation de liquidation», a-t-il réaffirmé. Parmi les offres globales, figure celle de la société financière française FIDEI. Deux autres candidats, dont les identités restent encore secrètes, seraient sur les rangs pour une solution d’ensemble, ainsi que le pilote d’Air France Charles Corbet, avec le soutien de la banque CIBC World Market (Canada). Interrogé sur le sort des passagers partis outre-mer cet été avec AOM-Air Liberté, M. Ricono a indiqué qu’en cas d’arrêt total de l’activité de ces compagnies, des avions pourraient être affrétés ou réquisitionnés pour rapatrier ces personnes. «Nous avons déjà demandé à Air France et à Corsair de se préparer à ces difficultés», a-t-il ajouté.
TROIS QUESTIONS À CHARLES-HENRI ROSSIGNOL, PDG D'AERIS, UN DES REPRENEURS POTENTIELS
Le président-directeur général de la compagnie de charter toulousaine Aeris Charles-Henri Rossignol, 31 ans, devait déposer ce week-end un dossier de candidature à la reprise du pôle charter d’AOM-Air Liberté, actuellement en redressement judiciaire.
- Où en est votre projet de reprise ? - Nous avons passé la semaine à analyser les comptes, les contrats, à rencontrer des dirigeants et des membres du personnel et nous déposerons notre dossier probablement ce week-end, en tout cas avant la date limite du 2 juillet 2001 18h00. Nous proposons de reprendre environ 230 navigants et 45 membres du personnel au sol et d’intégrer une quarantaine d’autres personnes aux sous-traitants qui assurent notre maintenance et notre assistance au sol. Cela représente environ 15 % du chiffre d’affaires et 20 % du personnel. Nous reprendrons aussi cinq appareils, 2 DC10 et 3 MD83, des machines obsolètes que nous remplacerons rapidement par des Boeing (737-300, 400 ou 800) correspondant à notre flotte actuelle (5 Boeing 737-300 en leasing). Nous reprendrons les personnels sur la base du volontariat, à des conditions différentes. Il est hors de question de reprendre les 167 accords d’entreprise qui se sont accumulés au fil des regroupements chez AOM-Air Liberté : notre productivité par heure de vol est supérieure de 25 %.
- Quels sont vos atouts dans ce dossier ? - Nous apportons une solution sur un métier que nous connaissons, avec un vrai projet industriel et une capacité financière. Nous avons une «success story» à vendre, car nous avons déjà racheté il y a deux ans Air Toulouse en dépôt de bilan, et nous l’avons redressée. Nous comptons 186 salariés dont 141 navigants, une flotte jeune (6 ans de moyenne), nous progressons au rythme de 20 % par an, avec un chiffre prévisionnel de 500 millions de francs en 2001 (76,2 millions EUR) après 380 MF (57,93 M EUR) en 2000 et un résultat prévu de plusieurs dizaines de millions de francs, en forte hausse sur celui de 2000. Le moyen courrier, c’est notre axe de développement : nous n’avons pas de frais de commercialisation et une vingtaine de clients solides, Club Méditerranée, Look, Nouvelles Frontières et des affrètements ponctuels par Air France.
- Craignez-vous d’être pénalisés par le caractère limité de votre proposition ? - Le tribunal pourrait préférer une offre globale. Mais il n’est pas sûr qu’il y en ait, même si un regroupement de salariés avec Jean-Charles Corbet parle d’un dossier de reprise et si le fonds d’investissement Fidei semble le plus avancé. Notre offre n’est pas démagogique, quel que soit le plan retenu il y aura plus de 500 navigants sans emploi, mais nous pérennisons le pôle charter d’AOM-Air Liberté. Si nous ne sommes pas retenus, ce ne sera pas critique : l’opération ne ferait qu’accélérer le plan de développement en nous projetant trois ans en avant. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -