Accueil     AOM Index    AOM Médias


29 Juin  2001   Clicanoo   AOM-Air Liberté: Vacances sans retour?

“Vers Fort-de-France, Pointe-à-Pitre, la Réunion et Cayenne, nous avons vendu 232-482 coupons de vols pour la période du 22 juin au 31 août", a indiqué hier Francis Gisselmann, directeur commercial. Le nombre de passagers concernés est "en gros" de 115 000 personnes, un billet aller-retour correspondant à deux coupons, a-t-il précisé. Cette destination correspond à la majeure partie du trafic long- courrier d'AOM-Air Liberté, a-t-il indiqué. Il faut y rajouter les destinations vers Los Angeles et Papeete, qui concernent environ 70 000 personnes par an, soit environ 6 000 pour les deux mois d'été. 

DES VOLS JUSQU’A QUAND ?

"La moitié de nos passagers vers les DOM-TOM vont partir ce week-end et le week-end prochain, lors des deux grandes vagues de départ en vacances", a expliqué M. Gisselmann. Il s'agit essentiellement de personnes qui bénéficient des congés bonifiés de la fonction publique, enseignants en poste outre-mer ou fonctionnaires originaires des DOM-TOM. Ils partent en général pour un ou deux mois. Cette clientèle représente environ 35% de l'activité d'été d'AOM-Air Liberté vers les DOM-TOM, a précisé le responsable du transporteur. Pour ceux qui doivent partir lors de ces deux prochains week-ends, il ne devrait pas y avoir de problème.En dépôt de bilan depuis le 15 juin, le deuxième pôle aérien français a été autorisé le 19 juin par le tribunal de commerce de Créteil à poursuivre ses activités, en étant placé sous surveillance judiciaire pendant trois mois. Les repreneurs éventuels ont jusqu'à lundi prochain pour faire connaître leurs intentions. 

"LES GENS SERAIENT CLOUÉS SUR PLACE"

La compagnie, qui perd entre 5 à 6 millions de francs par jour, ne tiendra pas aussi longtemps. Son Pdg Marc Rochet avait prévenu qu'une solution devait être trouvée avant le 10 juillet, faute de quoi il y aurait liquidation. Mais selon les administrateurs, il reste seulement assez d'argent pour tenir jusqu'à la première semaine de juillet. Reste alors la question du retour pour ceux qui seront partis. En cas d'arrêt total de l'activité du pôle aérien, "personne n'aurait la capacité de reprendre la clientèle d'AOM-Air Liberté", s'inquiétait-on hier au Syndicat national des agents de voyages (SNAV). "Les gens seraient cloués sur place", a souligné un responsable du SNAV. "Nous aurions un énorme problème", a-t-il ajouté. "Le dernier dépôt de bilan qu'on ait eu à supporter, c'était la compagnie américaine PanAm, il y a sept ou huit ans mais tous les passagers avaient alors pu être rapatriés sur d'autres compagnies", a-t-il indiqué. Il a souligné qu'il ne s'agissait pas de la même clientèle que celle d'AOM-Air Liberté, axée sur les DOM-TOM. En outre, la saison d'été est en plein démarrage. Dans l'Hexagone, sur les quatre destinations desservies par AOM-Air Liberté (Nice, Toulouse, Perpignan et Toulon) les passagers pourraient se rabattre vers d'autres moyens de transport. "Le gros problème, c'est les DOM-TOM", reconnaît-on chez AOM-Air Liberté. Les deux compagnies jouent un "rôle essentiel" pour la desserte des départements d'outre-mer ainsi que de la Polynésie française, dont "elles représentent entre 25% et 40% de l'offre en sièges", ont indiqué le ministère des Transports et les secrétariats d'Etat à l'Outre-mer et au Tourisme. Le gouvernement a invité les opérateurs aériens à assurer, sans rupture, la desserte aérienne de ces régions à un niveau suffisant pour faire face à l'ensemble de la demande. "Ce sera fonction de nos disponibilités", indique-t-on au siège d'Air France. "Nos avions sont relativement pleins" pour la saison d'été, a fait remarquer une porte-parole. "On prendra les passagers en fonction de nos disponibilités", a-t-elle ajouté . - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -

AOM-Air Liberté: les élus des Dom en réunion à Paris,  le 5 juillet

S’il n’y avait pas eu la situation catastrophique actuelle, la décision prise hier par le conseil de surveillance d’Air Austral aurait constitué à coup sûr un événement. Un événement pour la Réunion, un événement surtout pour Air Austral, une petite compagnie régionale, avec à ses commandes le dynamique Gérard Ethève, qui peut se vanter aujourd’hui de jouer dans la cour des grands, en assurant une liaison Mayotte-Paris. Air Austral fera donc du long-courrier, quoi qu’en dise Air France. C’est sans doute pour cette raison que M. Mariani, responsable de la compagnie nationale pour l’océan Indien, a faussé compagnie aux autres membres du conseil de surveillance, en esquivant, hier en fin d’après-midi, les journalistes par un “Pas de commentaire”, plutôt bougon. Le couple Air France-Air Austral s’achemine-t-il alors vers un divorce, sachant qu’Air France détient 37% du capital de la compagnie régionale ? Il est encore trop tôt pour répondre à la question. Mais on suppose que la réponse dépend surtout du gouvernement, actionnaire principal d’Air France. Et tant le Premier ministre Lionel Jospin que le président de la République Jacques Chirac ont toujours encouragé cette liaison Mayotte-Paris et le développement de la compagnie régionale. Mais si le ciel mahorais s’ouvre sur Paris grâce à Air Austral, celui de La Réunion ne cesse de s’assombrir en raison des difficultés d’Aom-Air Liberté, qui a déposé son bilan le 15 juin dernier. Aussi “l’événement” Air Austral est-il sérieusement terni par la situation d’AOM-Air Liberté. D’autant plus, qu’après tous les espoirs suscités par les élus, les milliers de passagers détenteurs d’un billet attendaient beaucoup de la réunion d’hier après-midi. Leurs espoirs sont malheureusement déçus. 

“MISSION DE SERVICE PUBLIC POUR LES 40 000 PASSAGERS”

La piste d’une liaison Réunion-Paris par Air Austral, soutenue depuis ces dernières semaines notamment par le président de la Région, et fortement relayée par l’organe de presse du PCR, n’a pas été évoquée, pour la simple raison qu’il n’existe pour l’heure aucune étude prouvant la faisabilité économique d’une telle desserte par la compagnie régionale. Gérard Ethève a tout simplement souligné, hier après-midi, “qu’un Réunion-Paris est possible techniquement avec un Boeing 767”. Sans plus ! Une étude complète est en cours, à la demande du conseil général. Paul Vergès a précisé que “la desserte Réunion-Paris n’est pas à l’ordre du jour du conseil de surveillance et que certains membres ont considéré que ce problème ne relevait pas particulièrement de la compétence d’Air Austral”. Quant à la suggestion du Département d’une combinaison Aéris-Air Austral en vol charter, Paul Vergès a répondu, un brin ironique : “Le président du conseil de surveillance a été très intéressé par cette proposition inédite, mais il n’en avait jamais eu connaissance”. Face à la situation actuelle, Paul Vergès a estimé que “le gouvernement a une double urgence : “Assurer une mission de service public dans l’immédiat afin de prendre en charge les 40 000 passagers en attente en juillet-août, et réfléchir à l’avenir de la desserte aérienne des Dom avec les élus domiens dont les collectivités territoriales doivent absolument jouer un rôle dans toutes les solutions qui seront proposées”. A ce titre, le président de la Région a annoncé qu’une réunion est prévue jeudi prochain, le 5 juillet, entre des ministres du gouvernement, les présidents des conseils généraux et conseils régionaux de la Réunion et des Antilles, ainsi que Gaston Flosse (Tahiti). Paul Vergès laisse entendre que “la solution qui pourrait être préconisée par les Dom serait une participation des collectivités territoriales à l’actionnariat de toute société désireuse de reprendre AOM-Air Liberté”. Paul Vergès, approuvé par Jean-Luc Poudroux, pense que “la Région et le Département de la Réunion sont prêts à une participation financière pour, par exemple, un AOM-Outre-mer. Il s’agirait d’un service public - non pas de solution de charter - et sans aucune hostilité exprimée à Air France. Nous avons déjà un accord de principe des autres Dom. Et il n’y a pas d’objection du gouvernement sur cette hypothèse”, a-t-il fait remarquer. Avant de préciser : “N’oublions pas qu’AOM a été créé à la Réunion, dans une mairie de l’Ouest”. En attendant la concrétisation d’au moins un de tous ces projets qui fusent de tous les bords politiques depuis ces dernières semaines, les passagers, dans l’incertitude, vont devoir prendre leur mal en patience. Au moins jusqu’à la réunion de jeudi prochain à Paris. 

PAS DE BAISSE DE PRIX DU BILLET À ATTENDRE

Gérard Ethève a précisé que “l’ouverture de la ligne Mayotte-Paris se fera dans le courant du second semestre de l’année prochaine”. Le temps pour les autorités mahoraises d’élargir la piste d’atterrissage. La liaison sera assurée trois fois par semaine par un Boeing 767-200. Mais l’avion fera Réunion-Mayotte-Moroni-Paris à l’aller et Paris-Mayotte-Réunion au retour. Gérard Ethève a expliqué que les capacités de stockage de kérosène à Mayotte posaient problème, d’où l’escale obligatoire aux Comores, à l’aller. L’avion pourra transporter 210 passagers. Il comportera 12 sièges “Confort”, genre classe “Grand Large” de Corsair, les autres sièges font partie de la classe “Loisirs”, c’est-à-dire la classe économique. Au niveau tarifaire, “aussi longtemps que nous n’aurons pas de gros porteurs sur Mayotte, nous ne pourrons pas promettre une baisse sur le prix des billets”, a indiqué Gérard Ethève.

AIR LITTORAL "S'ACHEMINE VERS UN DÉPÔT DE BILAN"

Le président du directoire d’Air Littoral, Marc Rochet, a annoncé hier après-midi aux salariés que la compagnie aérienne «s’acheminait vers un dépôt de bilan» en raison du refus du comité d’entreprise de donner un avis sur les plans de reprise. «La situation est très difficile. Demain soir, la compagnie n’aura plus d’argent et un accord de cession ne peut être signé sans l’accord du CE», a-t-il ajouté devant le personnel. La direction d’Air Littoral avait fixé au samedi 30 juin la date butoir avant un dépôt de bilan. Hier, avant la reprise du CE commencé la veille, Gilles Cusin, porte-parole de l’intersyndicale, avait affirmé que les représentants du personnel n’émettraient pas d’avis sur les trois projets de reprise de la compagnie aérienne, faute d’avoir eu le temps de les étudier. Marc Rochet s’est toutefois dit prêt à «reprendre immédiatement» la tenue du CE si l’intersyndicale s’engageait à émettre un avis. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -