28 Juin 2001 L'Express.fr Turbulences en chaîne
[ Le 27 juillet 2001, la justice a choisi Jean-Charles Corbet et son projet «Holoco» pour reprendre les rênes d'AOM-Air Liberté. L'ancien pilote d'Air France a promis de conserver 2 706 salariés sur les 4 556 que compte actuellement la deuxième compagnie aérienne française. Pour Jean-Charles Corbet, il reste encore à négocier les modalités du plan social et à compléter le financement du plan de reprise par un tour de table qui ne s'achèvera qu'en fin d'année.]. A la veille des vacances, la déconfiture du deuxième pôle aérien français provoque des dégâts: salariés inquiets, passagers non remboursés, voyagistes en colère, trafic perturbé, aéroports sous-employés. La Corse, Sylvie et François en rêvaient depuis longtemps. En février dernier, ces parents de deux enfants ont loué une maison du 21 juillet au 11 août à côté d'Ajaccio. Et acheté, moyennant 4 932 F, quatre allers-retours Paris-Figari sur AOM-Air Liberté. Au mois d'avril, la compagnie, qui donne des premiers signes de difficulté, rassure ses clients, en expliquant que les vols seront, de toute façon, assurés. Mais, depuis une semaine, rien n'est plus sûr. En effet, à l'annonce du dépôt de bilan d'AOM-Air Liberté, le 15 juin, Sylvie a appelé en toute hâte Air France, dénichant un tarif famille à 5 100 F aux mêmes dates. Quant à l'argent versé en février, il est peu probable qu'elle en revoie la couleur. «Il paraît que nous faisons désormais partie du passif et que les billets ne sont donc pas remboursables», fulmine Sylvie, qui a le sentiment très net d'avoir été «menée en bateau».
«On n'avait pas vu cela depuis la faillite de la PanAm, en 1991».
Elle n'est pas la seule à redouter le krach du deuxième pôle aérien français: 6 000 salariés craignent pour leur emploi, les créanciers s'inquiètent pour les 6 milliards de francs de passif, les actionnaires (Swissair et le groupe d'Ernest-Antoine Seillière) se menacent déjà mutuellement de poursuites. Et l'avenir n'est pas rose: en quête d'un hypothétique sauveur avant une liquidation, AOM-Air Liberté n'aurait plus que quelques jours de trésorerie dans ses caisses. Déjà, des candidats lorgnent ses dépouilles, comme le toulousain Aéris ou le groupe Nouvelles Frontières pour l'activité charter, le britannique EasyJet pour les créneaux horaires à Orly. Quant à Air Littoral, il se dirige, sauf miracle, vers une mise en redressement judiciaire ces jours-ci.
Un million de passagers sur le carreau
Avant même ces batailles de vautours, les dégâts sont déjà considérables. Pour les passagers, tout d'abord: le dépôt de bilan d'AOM-Air Liberté risque fort de laisser sur le carreau plus de 1 million de voyageurs cet été! «On n'avait pas vu cela depuis la faillite de la PanAm, en 1991. Mais cette fois-ci la situation est encore plus grave, car la clientèle est essentiellement touristique», dit-on au Syndicat national des agences de voyages. Certes, au centre de réservation de la compagnie, on affirme, contre toute attente, que, «pour l'heure, les vols partent et les ventes se poursuivent». Et la direction a précisé, le 25 juin, que les billets seront remboursés s'il s'agit d'une «suppression de la desserte du fait de la compagnie» ou d'une «impossibilité du fait de la compagnie d'acheminer ou de faire acheminer le passager à destination». Mais, pour les destinations toujours assurées, seuls «seront remboursés les billets pour lesquels la compagnie serait défaillante». Ce qui exclut les cas où le client craintif change son fusil d'épaule de son propre chef... et promet de sacrées empoignades avec les voyagistes.
Pour compenser, Air France remplit ses avions, «aux limites du surbooking permanent».
Car ces dernières sont juridiquement responsables du contrat signé avec le client. «Si on doit rembourser tous nos passagers qui ne peuvent pas voyager, il ne nous restera plus qu'à mettre la clef sous la porte!» tempête Philippe Calmens, directeur de Laroc Voyages, en Martinique. Les tour-opérateurs sont aussi touchés. «Tout le monde partira», a assuré Philippe Bourguignon, président du Club Med, qui fait voyager un tiers de ses gentils membres sur AOM. Mais la défaillance de cette compagnie va lui coûter cher. «Au minimum 10 millions d'euros», précise un analyste financier.
Les aéroports inquiets
La débâcle d'AOM-Air Liberté secoue également les aéroports. A commencer par Orly, siège historique d'AOM et d'Air Liberté, qui assurent 26% du trafic de l'aérogare. «Il y aura certainement un ralentissement des activités temporaires d'Orly, des grèves et de la casse sociale», pronostique un professionnel. Ailleurs, l'inquiétude grandit, comme à Nice, où AOM-Air Liberté a déjà supprimé la moitié de ses 24 vols quotidiens sur Paris. Et où le sort du «hub» d'Air Littoral reste incertain. «Cette période de flottement n'est pas saine, juge Francis Perugini, président de la chambre de commerce et d'industrie des Alpes-Maritimes, concessionnaire de l'aéroport Nice-Côte d'Azur. Mais nous espérons bien trouver des solutions pour préserver ces lignes rentables. Elles font vivre près de 8 000 salariés dans la région.» Le choc est plus brutal pour Marseille, qui subit la concurrence du TGV Méditerranée depuis le 10 juin et la suppression des 14 navettes quotidiennes d'AOM-Air Liberté vers Paris depuis le 11 juin. «Notre trafic a chuté de 18% ces dernières semaines», reconnaît Richard Korsia, président délégué de l'aéroport Marseille-Provence. Son homologue de Montpellier a repoussé sine die son projet d'extension. La raison? Il encaisse, lui aussi, l'effet TGV et la suppression des 9 vols quotidiens d'Air Liberté vers Paris. Sans compter les menaces sur l'avenir d'Air Littoral, qui emploie plus de 1 100 salariés dans la région. L'anxiété est encore plus vive à Perpignan, qui dépend à 75% des vols d'AOM-Air Liberté, toujours exploités. «Ces derniers jours, le trafic a baissé de 10%, à cause des craintes des passagers», observe Bernard Fourcade, président de la chambre de commerce et d'industrie de Perpignan. L'élu de Perpignan s'active d'ailleurs pour trouver des candidats à l'éventuelle reprise de sa desserte vers Paris. Au cas où. Air France, dit-on, ferait partie des candidats. La déroute du deuxième pôle aérien ne fait pas que des malheureux. Sur l'axe Paris-Nice, Air France remplit actuellement tous ses avions, «aux limites du surbooking permanent», selon un professionnel. La compagnie publique vient également d'augmenter ses navettes vers Toulouse. Désormais seul grand opérateur aérien sur les lignes Paris-Marseille et Paris-Montpellier, elle récupère des milliers d'ex-passagers d'AOM-Air Liberté, ce qui lui permet de compenser en partie le choc du TGV.
Risques de monopole
Air France pourrait profiter du démantèlement d'AOM-Air Liberté pour pousser ses pions. Au risque de se retrouver en position dominante sur certaines destinations. «Il faut être vigilant», lâche le Niçois Francis Perugini, partisan de l'arrivée de nouveaux opérateurs européens à bas prix. Ce risque de monopole de fait - «Nous le déplorons», déclare, sans ciller, un porte-parole d'Air France - est patent pour les DOM, où AOM-Air Liberté a transporté 1 million de passagers l'an passé, soit 28% du trafic. Cette présence avait permis de faire baisser les prix. Déjà, les tarifs vers les Antilles ont augmenté de 5 à 10% au cours des derniers mois, à la suite de la réduction des rotations d'AOM-Air Liberté. Il est encore possible de réserver pour cet été un aller-retour Paris - Pointe-à-Pitre sur AOM-Air Liberté au prix de 4 570 F, mais sans l'assurance de pouvoir voler! En revanche, Air France propose des places aux mêmes dates à 7 890 F... Autre grand gagnant de la chute d'AOM-Air Liberté: Corsair, la compagnie de charters contrôlée par Nouvelles Frontières. «Depuis quelques jours, les clients se précipitent sur nos vols», confie Jacques Maillot, fondateur du groupe. Au point que Corsair, qui dispose de 13 avions pour les Antilles, compte ajouter quelques capacités cet été. «Nous ferons tout pour venir en aide aux passagers et à nos concurrents», souligne le patron de Nouvelles Frontières. Grand prince, certes. Mais intéressé. - par Eric Chol et Vincent Nouzille - Copyright L'Express -
28 Juin 2001 Clicanoo AOM-Air Liberté: la proposition du Département
Après le vote à la majorité du compte administratif 2000, du compte de gestion et du budget supplémentaire 2001, Jean-Luc Poudroux, à la demande de Pierre Heideger, a accepté d’ouvrir le débat sur le désenclavement aérien et plus précisément sur la “situation de grande alerte” actuelle — pour reprendre une expression employée par Marco Boyer — en raison des difficultés rencontrées par le pôle aérien AOM-Air Liberté. Les élus de la majorité avaient d’ailleurs présenté une motion en début de séance. “Considérant la nécessité vitale pour notre île de bénéficier d’une desserte aérienne régulière, suffisante et à bas tarifs afin de favoriser son désenclavement et son développement économique, considérant les difficultés actuelles d’AOM-Air Liberté, les difficultés des professionnels du tourisme qui craignent une baisse rapide de leurs activités pour la prochaine saison, considérant les inquiétudes des producteurs de produits frais sur le risque d’une diminution des capacités du fret aérien, considérant les efforts fournis par les collectivités locales pour favoriser la mobilité des Réunionnais”, les élus du conseil général demandent au gouvernement de prendre toutes les dispositions afin de “maintenir les conditions d’une desserte aérienne régulière et suffisante de notre île à des tarifs raisonnables et d’étendre à la Réunion le principe de la continuité territoriale en termes de désenclavement, laquelle n’est pas en contradiction avec notre situation de région ultrapériphérique d’objectif 1”. Le décor était planté. Et à la veille de la réunion du conseil de surveillance d’Air Austral, prévue cet après-midi, ce débat prenait un caractère important. Car malgré tout ce qui se dit depuis des semaines, tous les fantasmes des uns et des autres, les grands principes affichés pour un désenclavement aérien de la Réunion, il n’y a jusqu’à présent pas eu une proposition concrète pour tenter de débloquer la situation, pour gérer l’urgence, et apporter une réponse aux incertitudes matinées d’inquiétude des 40 000 passagers en attente en juillet-août. A ce sujet, le conseiller général communiste Pierre Vergès s’est montré beaucoup plus prudent que le président de la Région en précisant “qu’il faut bien faire attention aux amalgames que peuvent entraîner certains mots dans l’esprit de l’opinion publique. Nous ne devons pas confondre la problématique du désenclavement aérien avec le problème immédiat d’AOM-Air Liberté. La gestion catastrophique d’AOM-Air Liberté ne relève pas de la compétence des élus départementaux etPIERRE VERGÈS : “EN COMPLÉMENTARITÉ AVEC AIR FRANCE”
Et Pierre Viergès de prévenir : “Nous ne devons pas nous engager sur n’importe quel montant financier, sachant qu’il s’agit de l’argent public”. Selon lui, “il faut travailler en complémentarité avec Air France”. Jean-Luc Poudroux approuve l’intervention de l’élu communiste. “Prudence”, martèle-t-il en soulignant que “les collectivités doivent se baser sur plusieurs études sérieuses avant d’envisager la desserte de la métropole par une compagnie régionale”. Piste privilégiée jusqu’à maintenant par Paul Vergès, le président de la Région. “Nous devons faire très attention dans ce domaine difficile, car je ne voudrais pas que, demain, on nous reproche d’avoir dilapidé les fonds publics.” Jean-Luc Poudroux plaide en faveur du principe de la continuité territoriale. “Nous sommes en droit de demander au gouvernement l’égalité de traitement, comme en Corse”, dit-il. Qu’importe la solution à trouver, René-Paul Victoria et Marco Boyer souhaitent “une volonté politique forte” de la part du Département. Clovis Pavaye a même proposé une contribution financière sous forme des recettes provenant de la suppression de la prime d’éloignement. La proposition du Département, celle que Jean-Luc Poudroux exposera cet après-midi aux membres du conseil de surveillance d’Air Austral, a été formulée par Jean-Paul Virapoullé, premier vice-président du conseil général. En métropole il y a environ quinze jours pour plusieurs rendez-vous relatifs à la situation actuelle dans le secteur aérien, Jean-Paul Virapoullé était persuadé dans un premier temps que les collectivités pouvaient être en mesure d’apporter une contribution financière pour sauver AOM-Air Liberté. Mais au fil de ses rencontres, il a compris que les budgets des collectivités étaient “microscopiques” par rapport aux moyens financiers nécessaires pour faire fonctionner une compagnie aérienne.
AIR FRANCE : 15 ROTATIONS PAR SEMAINE, EN NOVEMBRE
Ce qui lui fit dire hier devant l’assemblée : “On peut à peine payer un jeu de pneus pour un Boeing”. Mais alors que faire ? A Paris, Jean-Paul Virapoullé a rencontré des spécialistes, parmi lesquels les responsables d’Aéris, une compagnie qui intervient en tant qu’opérateur pur. Il faut donc gérer l’immédiat, les milliers de passagers de juillet-août, les étudiants en septembre, puis l’avenir. “Air France passe à quinze rotations par semaine entre la Réunion et Paris à partir de novembre. Corsair a également annoncé l’augmentation de ses fréquences pour cette période. Il y a Aéris qui me propose dans un courrier daté du 12 juin de mettre d’ici à novembre cinq rotations par semaine (avec possibilité de passer à 10 fréquences après quatre mois) entre Paris et Saint-Denis. Aéris se propose de mettre en circulation deux Boeing 767 configurés en mono-classe de 326 sièges chacun pour un billet aller-retour à 4 160 F”, a annoncé Jean-Paul Virapoullé. Et comme Aéris ne dispose pas de forces de commercialisation, le conseil général va proposer aujourd’hui à Air Austral de vendre des billets, tandis qu’Aéris se chargera du transport grâce à ses Boeing. Jean-Luc Poudroux doit consulter Paul Vergès sur cette proposition. Si les deux collectivités ainsi qu’Air Austral se mettent d’accord, le premier vice-président du Département veut bien essayer de demander à Aéris de commencer dès septembre, au lieu de novembre. Quant aux 40 000 passagers en attente en juillet-août, Jean-Paul Virapoullé propose la mise en place d’une délégation commune Département-Région avec associations des usagers pour demander au gouvernement d’agir en organisant des charters ou en demandant par exemple à Air France d’affréter provisoirement les avions d’AOM. Cette délégation composée d’une dizaine de personnes devrait se rendre à Paris pour rencontrer le ministre des Transports ainsi que le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Pierre Vergès voit d’un bon œil “ce front uni des élus” pour essayer de débloquer la situation “sans faire le procès du gouvernement”, et pour évoquer le principe de la continuité territoriale. Jean-Paul Virapoullé abonde dans ce sens, mais “la priorité des priorités, c’est de trouver une solution pour les 40 000 passagers”. Il ajoute : “Il faut sauver les lignes outre-mer d’AOM. En mettant Aéris et Air Austral sur un créneau charter, nous avons là un début de solution”. Quant à la continuité territoriale, revendication qui mobilise l’ensemble des élus locaux, il faut savoir que pas plus tard que mardi, à la réunion Euro-Dom à Bruxelles, le commissaire européen, Michel Barnier, a déclaré textuellement : “La commission européenne est favorable à recevoir les propositions émanant des Etats ou des collectivités territoriales pour aider les compagnies aériennes qui desservent les DOM, au nom de la continuité territoriale”. Voilà qui pourrait servir à nos élus d’entrée en matière pour aborder la discussion avec le gouvernement. Ce qui évitera aux uns et aux autres de “planer” sur ce dossier, comme l’a dit Jean-Luc Poudroux, hier matin.
FAIBLE MOBILISATION DES PASSAGERS LéséS D’AOM HIER: Une manif mais pas de certitude
La manifestation contre AOM n’a pas fait le plein hier : seulement deux cents passagers avaient fait le déplacement à Gillot pour manifester leurs inquiétudes sur la validité de leurs billets ou leur remboursement. Une manifestation à quelques jours de la date limite pour qu’un repreneur se manifeste afin de relancer la compagnie aérienne ou que la liquidation judiciaire soit prononcée. Mais après leur demi-journée d’action, les passagers n’étaient pas plus rassurés... “AOM voleur !” Gillot, 10 heures du matin hier. Entre les embrassades d’adieu et les chariots à bagages, environ 200 passagers d’AOM étaient venus manifester leur colère contre la compagnie aérienne au bord du crash financier, alors qu’eux-mêmes n’ont reçu aucune garantie ni sur leurs voyages, ni sur un éventuel remboursement de leurs billets, parfois achetés depuis des mois... “Pendant trois ans, je me suis serré la ceinture, soulignait l’un d’eux. Et voilà, plus de ceinture : elle a lâché.” “Moi, je suis au chômage, mais mon mari a une profession libérale, donc pas de congés payés, expliquait une autre infortunée. Il a dû prendre un remplaçant... Entre les billets pour la famille et ses différentes dispositions, il y en a bien pour 60 000 F.” “Ce que je trouve dégueulasse, tempêtait une jeune femme, c’est que les compagnies aériennes et les agences de voyages ont continué à nous vendre des billets comme si de rien n’était.” “Je suis venu ici pour avoir des certitudes, expliquait enfin un passager. J’ai deux billets avec une correspondance pour Marseille, ce qui fait 12 000 F. Et je n’en sais pas plus après les explications embrouillées qu’on nous a données ici !”
“ON REMBOURSERA... AVEC DES CHÈQUES !”
Il faut reconnaître que Michel Ginesty, directeur régional d’AOM a fait très fort dans le genre nébuleux. Venu rencontrer les manifestants, il a été d’abord rassurant (“Il faudra attendre le 2 juillet, date limite pour connaître un éventuel repreneur et en savoir plus”), puis mitigé (“Certains passagers pourraient obtenir leur remboursement”), avant de conclure, agacé par les cris des passagers : “Comment ça, avec quoi on va les rembourser ? Eh bien, avec des chèques !” Et de tourner les talons. Inutile de dire que cela n’a pas suffi aux manifestants qui ont décidé illico presto de se retrouver devant la préfecture pour obtenir de vrais éclaircissements. Une délégation de cinq passagers était rapidement mise sur pied pour rencontrer à 11h30 Jacques Witkowski, chef de cabinet. Problème : des 200 personnes mobilisées à Gillot, seule une quarantaine avait bravé les embouteillages pour se rassembler devant la préfecture et réclamer des garanties sur les vols, et un engagement de l’État pour assurer la continuité territoriale. Une heure plus tard, c’est dépitée que la délégation rencontrait les passagers : “Voilà ce que nous avons appris : rien ! L’État ne se sent pas concerné. Seules les personnes qui ont pris des vols avec un voyage organisé seront remboursées, les autres ne sont pas considérés comme créanciers prioritaires. Quant à la continuité territoriale, ça n’est pas écrit dans la Constitution.” Bref : rien de bien rassurant pour les passagers, qui peuvent également craindre que leur mouvement d’action reste embryonnaire. Hier, ils ont décidé de se retrouver de nouveau dimanche 1er juillet à Gillot à 10 heures. * Pendant que les passagers attendaient le résultat de l’entretien avec Jacques Witkowski à la préfecture, un fax émanant des secrétariats au tourisme et de l’Outre-mer, mais aussi du ministère des transports parvenait à notre rédaction. On y lit par exemple que “le gouvernement souhaite et encourage toute solution de reprise viable dans les meilleurs délais.” Ces différents ministères proposeront dans les prochains jours une rencontre avec les élus de l’Outre-mer afin d’évoquer les initiatives qui pourront être prises “à court terme”. Les passagers ont donc tout intérêt à maintenir la pression...
LE MINISTRE DES TRANSPORTS RÉAFFIRME SES ENGAGEMENTS CONCERNANT LES SALARIÉS
Le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, a réaffirmé mercredi qu’il tiendrait ses engagements concernant les salariés du pôle aérien AOM-Air Liberté en dépôt de bilan depuis le 15 juin. «Je me suis engagé à ce qu’il n’y ait personne sur le carreau, je tiendrai mes engagements», a-t-il déclaré sur les antennes de RMC. «Il y aura des effectifs en réduction, mais il faut qu’elle soit la plus faible possible», a-t-il estimé. «Nous devons tout faire pour que les vols ne soient pas annulés», a-t-il indiqué par ailleurs, évoquant le sort des passagers des compagnies. «J’ai invité les opérateurs aériens français à assurer un niveau suffisant pour faire face à la demande», a ajouté le ministre. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -