27 Juin 2001 Clicanoo Comment sauver AOM-Air Liberté
Le transporteur suisse pourrait injecter cet argent en soutien à un repreneur principal, "à condition que ce soit temporaire et que Swissair soit complètement sorti du jeu" à l'issue de cette opération. "Swissair injecterait de l'argent non pour rester mais pour sortir au contraire" d'AOM-Air Liberté, a estimé Pierre Condom, directeur de la revue française spécialisée dans l’aéronautique Interavia. D'autres experts suisses du transport aérien ont aussi souligné que le montant proposé par Swissair à hauteur de 2 milliards FF, dans le cadre du plan avorté de restructuration (proposé avant le 15 juin à condition que Marine Wendel s'y associe), pouvaient toujours être injectés. Dans une interview au quotidien suisse Le Temps, lundi, le président de Swissair Mario Corti avait déclaré que si un repreneur avait une solution de sauvetage en vue, il pourrait aussi "renégocier le montant avec nous" (lire ci-dessous). Selon le directeur d'Interavia, "c'est une négociation tout à fait classique. Swissair court des risques de procès importants."UNE QUESTION D’IMAGE DE MARQUE
"Si une société de services, a-t-il expliqué, est traînée devant les tribunaux sous des accusations diverses, pouvant aller jusqu'à celle d'avoir vidé les actifs d'AOM-Air Liberté à leur profit - et je pense que ce n'est pas vrai -, elle aura beau gagner le procès trois ans plus tard, il y aura eu des dommages tels sur son image de marque qu'un effort financier vaut le coup." "Un tel procès, a-t-il relevé, suppose un examen et un contre-examen des comptes. On peut reprocher à Swissair des méthodes de gestion mais non quoi que ce soit d'illicite. Cela risque de prendre trois ans pour aboutir à cette conclusion. Le groupe a effectivement intérêt à éviter cela, même s'il en résulte un petit coût." Cet expert en conclut que la direction de Swissair est "prête à aller assez loin, mais pas jusqu'au point de mettre en péril la maison mère". La liquidation devrait être effective vers le 10 juillet et les candidats auront jusqu'au 2 juillet pour déposer leurs offres. La compagnie toulousaine Aéris s'est portée candidate au rachat du pôle charter d'AOM-Air Liberté, pour lequel Nouvelles Frontières a marqué son intérêt.Le britannique EasyJet s'est déclaré intéressé par un achat de créneaux horaires à l'aéroport d'Orly. Deux autres candidats seraient sur les rangs pour une solution d'ensemble, ainsi que le pilote d'Air France Charles Corbet, avec le soutien de la banque CIBC World Market (Canada).
MARIO CORTI, PDG DE SWISSAIR: "Le temps presse pour AOM"
Le président de Swissair Mario Corti, actionnaire minoritaire d’AOM/Air Liberté (mais qui y a investi beaucoup plus d’argent que l’actionnaire majoritaire Marine-Wendel), a accordé lundi une interview au journal suisse “Le Temps”. Voici les extraits qui concernent la compagnie française.
– Swissair Group abandonnera-t-il ses participations dans d'autres compagnies aériennes ? – Nous voulons organiser un retrait ordonné de toutes les participations aériennes étrangères qui sont déficitaires. Notre rôle n'est pas de financer indéfiniment les pertes opérationnelles des sociétés dont nous sommes actionnaires.
– Qu'en est-il des participations en France ? – En avril dernier, nous avons stoppé nos versements pour Air Littoral. Et jusqu'à ce jour, la compagnie n'a pas déposé le bilan. Reste à voir si elle sera reprise par un tiers. Nous serions éventuellement prêts à nous investir, dans un cadre raisonnable, pour une solution transitoire. Pour AOM/Air Liberté, nous avions accepté de prendre en charge deux tiers des coûts de restructuration – à hauteur de trois milliards de francs français au maximum – si l'actionnaire majoritaire, Marine Wendel, assumait le reste et si un plan était élaboré. Comme aucun plan n'avait été soumis, le bilan a été déposé. Maintenant, la décision incombe au juge. Il se peut toutefois qu'un repreneur soit trouvé et que la faillite soit finalement évitée.
– Cette option a-t-elle de bonnes chances d'aboutir ? – C'est difficile à dire. Il y a quelques intéressés, mais le temps presse.
– Swissair sera-t-elle de la partie ? – Nous n'y participerons pas. L'accord sur un apport de deux milliards de francs français est échu depuis le vendredi 15 juin. Si quelqu'un souhaite donc recourir à une autre solution...
–... il devra la financer lui- même ? – Oui. Ou il devra renégocier le montant avec nous. La condition que nous posons est que les autorités acceptent, en contrepartie, d'assurer pleinement sur le plan juridique une sortie pour un montant X et que nous soyons prémunis contre tous les risques de procès ultérieurs et libérés de toute obligation.
– Ce montant X se situerait-il au niveau des 2 milliards de francs français ? – Il ne saurait dépasser la somme que nous avions consentie.
– Mais l'on
parle de coûts oscillant entre 1,2 et 2 milliards de francs suisses... –
Je pense que ces sommes sont exagérées. Mais, en fait, personne ne le sait
vraiment aujourd'hui. On ne pourra pas simplement envoyer des factures. Il
faudra aussi démontrer qui a été responsable, de quel préjudice et à quel
moment. Une telle procédure peut être très longue.
* (“Source : Le Temps”, édition du 25 juin) . - 2001©Clicanoo.com - STOR
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