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21 Juin  2001   TF1.fr   "Un billet AOM ne vaut pas plus qu'un emprunt russe"

Les vacanciers qui avaient prévus de voyager sur AOM-Air liberté cet été sont pris au dépourvu. Eric Vasseur a choisi, lui, de partir en Corse. A défaut de prendre la voie des airs, il prendra celle de la mer.  Eric Vasseur a décidé de préférer le bateau à l’avion pour ses vacances. Il faut dire qu’il n’a pas vraiment eu le choix. Prudent, il a acheté dès janvier 5 billets Paris-Figari à la compagnie Air Liberté et payé de suite les 5600 F. Histoire d’être sûr que toute la petite famille puisse profiter de ses trois semaines de vacances sous le soleil de la Corse. Son départ était pour le 27 juillet, "J’ai donc tout prévu en conséquence, explique-t-il. J’ai posé mes vacances et louer une maison pour laquelle j’ai versé des arrhes". Mais le dépôt de bilan de la compagnie aérienne a contrecarré ses plans. Pas question pour autant de renoncer aux vacances. La famille Vasseur partira donc en bateau. 

La réservation des vols est encore possible sur le web

Eric Vasseur reste calme même s’il sait qu’il ne sera pas remboursé. "Je comprends la situation difficile de l’entreprise, raconte-t-il. Mais la moindre des choses aurait été d’envoyer un courrier aux clients." En effet, aucune information ne lui a été donnée. Eric Vasseur, un rien ironique, ajoute : "le plus drôle, c’est que l’on peut encore réserver des vols sur le site web d’Air Liberté. Pourtant, un billet AOM aujourd’hui ne vaut pas plus qu’un emprunt russe…". - Par Julie Kara -

21 Juin  2001   Europe1.fr   Nouveau coup de massue pour les salariés d'AOM-Air Liberté

La Tribune affirme que faute d'argent frais, le pôle aérien devra cesser son activité le 1er juillet et non le 10 comme l'avait annoncé la direction. Les clients qui ont prévu de partir cet été avec AOM, sont plus que jamais dans l'incertitude. Jeudi, 10h49: Les deux administrateurs judiciaires désignés par le tribunal de commerce de Créteil sont affirmatifs : AOM-Air Liberté peut faire face à ses dépenses courantes tout au plus jusqu'à fin juin, soit dix jours de moins que prévu. Ils l'ont annoncé hier aux salariés. L'information a été confirmée à La Tribune par l'avocat de l'un des repreneurs potentiels, Jean-Charles Corbet, président des fonds Concorde de gestion de l'actionnariat salarié d'Air-France. Celui-ci se propose, avec le soutien de la banque CIBC World Market, de "créer une nouvelle compagnie en récupérant le maximum d'emplois", selon son avocat. Marc Rochet, le Pdg d'AOM-Air Liberté avait indiqué hier sur Europe 1 que la compagnie perdait chaque jour "cinq à six millions de francs" et qu'elle aurait besoin de 500 millions de francs pour tenir durant les trois mois de son redressement judiciaire. Mais les candidats à la reprise risquent de manquer de temps pour finaliser leurs offres. En revanche, le Figaro économie annonce une bonne nouvelle pour Air Littoral. Marc Dufour, qui fut à la tête de la compagnie pendant 12 ans, est sur le point de signer un accord de reprise. La signature finale du document pourrait intervenir d'ici une semaine. Marc Dufour, qui avait démissionné en mai 2000 pour désaccord stratégique avec les méthodes de gestion de Swissair, pourrait reprendre 70 à 75% des activités de la compagnie, permettant ainsi de sauver quelque 900 emplois sur les 1.200 menacés. - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Europe1.fr 2001 -

21 Juin  2001   Clicanoo   AOM-Air Liberté: Comment faire valoir vos droits 

La compagnie perd chaque jour "cinq à six millions de francs" (763 000 à 915 000 euros) et aurait besoin de "500 millions de francs" (76 millions d'euros) pour tenir durant les trois mois de son redressement judiciaire, a expliqué son Pdg Marc Rochet sur Europe 1. Pour trouver cet argent, la direction d'AOM-Air Liberté est assistée depuis mardi soir de deux administrateurs judiciaires qui doivent rencontrer les deux actionnaires, le groupe Swissair et Taitbout Antibes, holding du patron des patrons français Ernest Antoine Seillière. Alors que les actionnaires refusent depuis deux mois de renflouer la compagnie, ce qui a conduit à son dépôt de bilan, la direction comme les syndicats espèrent cette fois qu'ils remettront la main à la poche. "Je pense que les administrateurs judiciaires auront quelques arguments à faire valoir que nous ne pouvions pas utiliser auparavant", a déclaré Marc Rochet. "Il faudrait ajouter a minima 100 millions de francs (15,3 millions d'euros) pour pouvoir aller jusqu'à fin juillet", a-t-il ajouté. Un porte-parole de Swissair a rejeté cette hypothèse. "Il est clair que l'ancien plan est mort et que, sur cette base, nous n'avons pas l'intention de financer les pertes opérationnelles d'AOM-Air Liberté", a déclaré le porte-parole, Jean-Claude Donzel, à Genève. 

Un plus grand nombre de licenciement

Renflouement ou non, Marc Rochet a espéré une "reprise partielle" de la compagnie "avant le 10 juillet". Il n'a pas caché sa préférence pour le projet de la société financière française FIDEI, que les syndicats le soupçonnent de pousser en avant. C'est "une solution globale de reprise, avec restructuration significative de l'entreprise" qui passerait par un nombre de licenciements supérieur aux 1 300 annoncés précédemment (sur 5 200 salariés), a-t-il précisé. "Si on peut encore sauver 3 000 ou 3 200 emplois dans cette entreprise, il faut encore le faire", a déclaré M. Rochet, ajoutant qu'il demanderait à Air France de reprendre "800 à 1.000 salariés". Le plan social de M. Rochet est "catastrophique", a réagi le délégué CGT d'AOM Gilled Simon, car "depuis le début il ne prévoit en réalité de ne laisser que 2 400 emplois dans la compagnie, ce qui veut dire 3 000 chômeurs à côté". Quel que soit le projet retenu, "il faut que les salariés participent, c'est ma conviction", a ajouté Marc Rochet. De source syndicale, le projet de FIDEI prévoirait l'entrée des salariés dans le capital à hauteur de 15%. "Il ne faut pas pour autant écarter toutes les autres solutions", a ajouté le Pdg. Mais les projets d'Easy Jet ou Nouvelles frontières n'ont pas sa faveur car ces sociétés ne s'intéressent selon lui "qu'à des petits morceaux d'entreprise". A l'opposé de Marc Rochet qui veut aller très vite, un repreneur potentiel, le pilote d'Air France Jean-Charles Corbet, a souhaité pouvoir utiliser pleinement les trois mois accordés à AOM-Air Liberté par le tribunal de commerce de Créteil, afin d'avoir le temps de bâtir "un projet alternatif". Pour cela M. Corbet, qui affirme travailler depuis deux mois avec la banque canadienne CIBC World Markets, demande que les candidats bénéficient tous de la même information, notamment concernant les propriétaires et le financement des avions de la compagnie, pour lesquels il juge la situation "confuse". Associé à M. Corbet, le délégué du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) Air Liberté Jean Immédiato a jugé que "le jeu est complètement faussé". 

LES SYNDICATS ÉPINGLENT LE MINISTÈRE ET LA DIRECTION

Les syndicats ont accueilli avec inquiétude les propos du pdg de la compagnie en épinglant au passage l'attitude du gouvernement. A la CGT AOM, le délégué Gilles Simon, qui déplore par ailleurs le manque de consultation des syndicats, a qualifié le plan Rochet de "catastrophique". "Depuis le début, il prévoit en réalité de ne laisser que 2 400 emplois dans la compagnie, ce qui veut dire 3 000 chômeurs à côté", a-t-il affirmé. 

"RIEN NE VIENT DANS LES FAITS"

Le délégué SNPL Air Liberté, Jean Immédiato, critique également l'attitude de Marc Rochet qui favorise selon lui le projet de reprise de la société FIDEI "car ce projet lui permettra de mettre en place son plan social et de rester à la tête de la compagnie". "Le jeu est complètement faussé", estime M. Immédiato, lui-même porteur d'un projet de reprise avec le concours de la banque CIBC et la participation des salariés, estimant que "tout était prévu par M. Rochet depuis des mois". Si certains syndicats, notamment ceux d'Air Liberté, continuent d'espérer un projet de reprise globale de la compagnie, d'autres avis se font entendre, en particulier chez AOM, où l'UNAC (pilotes) estime que "le salut des salariés de la compagnie" passe par l'aboutissement de "plusieurs projets de reprise partielle qui conserveraient un maximum d'emplois". Les syndicats sont en revanche unanimes à déplorer l'attentisme dont fait preuve selon eux le ministère des transports, qui s'était engagé à "ne laisser aucun salarié sur le carreau", et l'absence de prise de position d'Air France sur la question du reclassement des salariés. Cette question, qui concerne notamment les personnels, désormais au chômage technique, des plates-formes comme Bordeaux, Marseille ou Cayenne qui ne sont plus desservies en raison du plan de réduction d'activité de la compagnie, était au programme d'une réunion avec le ministère mardi soir. Or, selon le délégué CFDT Air Liberté, Gilles Nicoli, cette réunion "ne s'est pas bien passée car le ministère reste sur des déclarations de principe, mais rien ne vient dans les faits". 

QUELS RECOURS POUR LES PASSAGERS D'AOM ?

Le sursis accordé à AOM-Air Liberté ne garantit pas pour autant aux clients que tous les vols de cet été seront assurés puisque le groupe dispose pour le moment d'une trésorerie lui permettant seulement de tourner jusqu'au 10 juillet (lire par ailleurs). Dans certains cas, le consommateur risque d'en être pour sa poche, surtout s'il a acheté directement à la compagnie. Le pôle aérien AOM-Air Liberté assurera tous ses vols prévus jusqu'au 7 juillet mais ne peut à ce jour s'engager au delà sur les retours de vacances, a indiqué hier la direction du groupe à Paris, au lendemain de sa mise en redressement judiciaire. Des dessertes avaient cependant déjà été allégées la semaine passée sur certaines destinations. Par exemple sur Nice, la fréquence est tombée de 21 vols par jour entre Paris et Nice à 12 ou 13 vols selon les jours. Au delà du 10 juillet, a précisé le pdg d'AOM-Air Liberté Marc Rochet au micro d'Europe 1 mercredi, "on essaiera de trouver des formules de retour sur d'autres compagnies. Air France et Nouvelles Frontières, je pense, nous aideront. En tout cas je leur demanderai de nous aider". La liquidation peut intervenir à tout moment dans le délai de trois mois si les conditions financières ne sont pas assurées. Le président du Syndicat national des agents de voyages (SNAV), César Balderacchi, a fait part à l'AFP de son "inquiétude" pour les retours de vacances. 

REMBOURSEMENT TOTAL, PARTIEL OU NUL

Les voyageurs ayant réservé un vol aller et un retour sur les lignes du groupe pourront normalement effectuer leur voyage s'il intervient, retour compris, d'ici le 7 juillet. Par contre, un départ avant le 7 juillet n'assure pas le retour après cette date, et des voyageurs pourraient se trouver bloqués pour rentrer chez eux. Pour les voyageurs ayant déjà acheté leurs billets, et en cas d'annulation du vol ou de liquidation de la compagnie, la situation diffère selon que l'achat a été fait par le biais d'une agence de voyages, directement auprès du groupe aérien, ou dans un forfait proposé par un tour-opérateur. En cas d'achat dans une agence de voyages, le client pourra se faire rembourser, y compris s'il souhaite simplement ne plus voyager sur AOM-Air Liberté en raison des incertitudes qui pèsent sur la compagnie. "Le client ne peut être pénalisé, et les agences doivent faire face", a souligné le SNAV. Toutefois, les billets à tarif négocié, c'est-à-dire à tarif réduit, ne pourront être remboursés que selon les conditions d'achat, a indiqué M. Balderacchi. "Le remboursement peut être partiel, ou même nul, avec des vols à dates bloquées par exemple, comme pour toutes les compagnies". Le SNAV ne s'attendait pas toutefois à une demande de remboursements massive, "les agences ayant anticipé les difficultés du groupe et orienté leurs clients vers d'autres solutions", selon son président. Pour les billets achetés directement à AOM-Air Liberté, le client ne pourra pas se faire rembourser. "Nous n'avons pas la trésorerie disponible aujourd'hui pour procéder à ces remboursements", a précisé M. Rochet. Par contre, pour les billets achetés sur des vols annulés, "nous offrons à tous nos clients et à ceux qui nous ont fait confiance jusqu'à présent de pouvoir utiliser ces billets sur n'importe quelle route de notre réseau dans les trois prochaines semaines", a-t-il dit. Les mieux lotis sont les voyageurs ayant acheté une prestation du groupe aérien inclus dans un forfait acheté à un voyagiste. Le client d'un forfait avion/séjour est protégé par une loi de juillet 1992 qui fait reposer toute la responsabilité sur le voyagiste. Des indemnités peuvent même être dans certains cas exigées, comme pour une annulation de dernière minute. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -