18 Juin 2001 Le web de l'Humanité AOM: Jean-Claude Gayssot: "Personne ne doit rester sur le carreau"
Le ministre de l'Equipement, des Transports et du Logement a répondu hier à nos questions.
Après la décision d'AOM-Air Liberté de déposer son bilan vous avez vivement critiqué l'attitude des actionnaires de cette compagnie, notamment d'Ernest-Antoine Seillière. Qu'attendez-vous d'eux ? Jean-Claude Gayssot. Depuis le début de la crise, résultant d'erreurs stratégiques et de gestion manifestes, les actionnaires ont fui leurs responsabilités. Des conciliateurs ont été sollicités début mai, mais les actionnaires leur ont fixé des délais et des contraintes rendant leur tâche extrêmement délicate. Malgré cela, une solution de reprise sérieuse a pu être établie. Ils l'ont rejetée, car leur seule préoccupation est de protéger leurs intérêts propres. Depuis le début, le sort des entreprises et des salariés leur est totalement indifférent. Jamais ils n'ont daigné prendre en considération les avis des représentants du personnel qui pourtant étaient fondés. Je ne doute pas que, dans le nouveau contexte juridique, suite au dépôt de bilan, les tribunaux les mettront devant leurs responsabilités.
Vous êtes le ministre de tutelle de la compagnie nationale Air France : celle-ci peut-elle, selon vous, contribuer à trouver une solution pour les 5 000 salariés d'AOM-Air Liberté concernés par le dépôt de bilan ? Jean-Claude Gayssot. Nous sommes aujourd'hui dans un contexte global de croissance du transport aérien. La compagnie publique Air France, qui, je le rappelle, était la cible privilégiée des actionnaires d'AOM-Air Liberté, se porte bien grâce à une stratégie performante et une gestion saine. Air France embauche. Il est évident que ce contexte favorable doit permettre de contribuer au reclassement du personnel. Il ne faut toutefois pas que la bonne santé de la compagnie nationale en soit altérée.
On a parlé de repreneurs, le dépôt de bilan est-il une fin en soi ou peut-on envisager des solutions industrielles crédibles qui ne soient pas handicapées par le lourd passif d'AOM-Air Liberté ? Jean-Claude Gayssot. Non, le dépôt de bilan n'est pas une fin en soi. Nous avons tout fait pour l'éviter et nous devons maintenant tout faire pour écarter la liquidation, qui serait une absurdité au plan humain autant qu'industriel. Les actionnaires ont choisi de ne pas contribuer à une solution de continuité pourtant à portée de mains. Je désapprouve cette attitude. Si, ce que je souhaite, le tribunal de commerce autorise un plan de continuation, des solutions industrielles devront être trouvées. Je ne suis pas homme à prendre des engagements à la légère, je souhaite que ces solutions soient adaptées, efficaces et que personne ne soit laissé sur le carreau. - Propos recueillis par Pierre Agudo -
18 Juin 2001 Le figaro.fr AOM-Air Liberté: la parole au tribunal
Le torchon brûle depuis quarante-huit heures entre les deux futurs anciens actionnaires d'AOM-Air Liberté, le groupe Swissair et Taitbout-Antibes, filiale de Marine-Wendel que préside Ernest-Antoine Seillière. Et comme le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, ne se prive pas de verser de l'huile sur le feu, on obtient aujourd'hui un mélange détonnant mais qui ne changera rien à l'ordre des choses puisque le tribunal de commerce de Créteil examinera demain matin, comme prévu, le cas de la compagnie qui a déposé son bilan vendredi soir. Prenant les devants dès vendredi, le groupe suisse a fait alors savoir qu'il avait été «prêt à assumer jusqu'aux deux tiers du coût de restructuration» à condition que «l'actionnaire majoritaire, Marine-Wendel», finance le tiers restant. «Malheureusement, dit Swissair, il a refusé.» La réaction d'Ernest-Antoine Seillière n'a pas tardé car il tenait à «rétablir la vérité» sur son rôle «dans le désastre provoqué par Swissair qui a déclenché le dépôt de bilan en reniant sa signature et sa parole». A cette occasion, il a de nouveau insisté sur la double garantie demandée à l'origine par Marine-Wendel et acceptée par les Suisses: possibilité pour l'actionnaire français, en 2004, de pouvoir leur vendre sa participation sans perdre d'argent et garantie que Swissair ferait face seule et sans faire appel à Marine-Wendel aux besoins financiers futurs d'AOM-Air Liberté. La nouvelle direction du groupe suisse, mise en place au mois d'avril, «a fait volte-face (...), renié la parole donnée par Swissair et sa signature et trahi notre confiance», a affirmé la président de Marine-Wendel. De plus, elle «a cherché à nous faire porter la responsabilité de la situation». Pour Ernest-Antoine Seillière, il s'agit là d'«un comportement indigne d'une grande société internationale» auquel «nous donnerons les suites judiciaires nécessaires». Swissair a répliqué en soulignant que son groupe est minoritaire (49,5%) dans le capital d'AOM-Air Liberté et que Marine-Wendel est majoritaire (50,5%). «Nous avons deux sièges sur sept au conseil d'administration, Monsieur Seillière en a trois et il a toujours été présent pour toutes les décisions stratégiques de la compagnie», dit l'actionnaire suisse pour sa défense. Mais en même temps qu'il s'en prenait à son co-actionnaire, le président de Marine-Wendel a voulu «dénoncer l'exploitation politique qui a été faite de la situation (...) dont le résultat a été d'accélérer la perte» d'AOM-Air Liberté. C'est Jean-Claude Gayssot, «le bon apôtre», qui est ainsi visé, lui qui a lancé la campagne «haro sur le baron! Seillière responsable!» C'est d'autant plus «indigne d'un responsable gouvernemental» que «ce comportement partial, injuste et politique a précipité les choses». Au-delà de la polémique, il y a le sort de quelque six mille salariés et même davantage avec ceux d'Air Littoral, à la veille, elle aussi, d'un dépôt de bilan. C'est pourquoi syndicalistes et représentants du personnel espèrent encore en «une solution de reprise globale et pérenne qui préservera l'emploi». - Droits de reproduction et de diffusion réservés © lefigaro.fr 2001. - Le Figaro est membre du réseau EDA.18 Juin 2001 Europe1.fr AOM-Air Liberté au régime allégé
Le nombre de vols est réduit depuis ce matin. Après le dépôt de bilan, l'objectif est de continuer l'activité le plus longtemps possible en faisant des économies. Demain, le tribunal de commerce de Créteil pourrait prononcer une liquidation judiciaire. Lundi, 07h05: Depuis ce matin, AOM-Air Liberté n'assure plus que 12 liaisons quotidiennes entre Nice et Paris, contre 24 auparavant. Un objectif : tenir le plus longtemps possible. 3 jours après le dépôt de bilan, les salariés de la compagnie attendent, eux, la décision du tribunal de commerce de Créteil sur une mise en redressement judiciaire ou une liquidation immédiate. Cette dernière hypothèse paraît toutefois improbable. En attendant, les salariés, réunis en Comité d'entreprise, vont discuter aujourd'hui de la situation de l'entreprise et du calendrier d'examen du plan social d'accompagnement, et ils vont aussi désigner ceux d'entre eux qui les représenteront auprès du tribunal de commerce demain. Toujours demain, une autre délégation a rendez-vous au ministère des transports, pour toute une journée de travail destinée à dessiner un avenir pour l'entreprise, et à tenter de favoriser le reclassement des salariés qui devraient malgré tout la quitter. Selon eux, la compagnie peut vivre sur sa trésorerie jusqu'au 7 juillet environ. Parallèlement, les actionnaires d'AOM-Air Liberté, le groupe Swissair et Ernest-Antoine Seillière au travers de sa holding Marine-Wendel, se rejettent mutuellement la responsabilité, sans épargner le ministre des transports, Jean-Claude Gayssot. Depuis le 2 avril, les deux actionnaires ont arrêté de financer la compagnie, ce qui a conduit au dépôt de bilan. AOM-Air Liberté avait déposé une première fois le bilan en 1996, ce qui avait débouché sur un plan de continuation dont elle fait toujours l'objet. En cas de nouveau dépôt de bilan, une société ne peut, en principe, bénéficier d'un autre plan de continuation, les seules solutions étant alors un plan de cession ou une liquidation judiciaire. Mais la compagnie pourrait obtenir une dérogation. Quoi qu'il en soit, seule l'intervention de nouveaux investisseurs peut permettre une poursuite de l'activité des compagnies. Mais la confusion et l'opacité règnent sur leurs intentions exactes et leur nom : la compagnie aérienne pourrait être rachetée partiellement ou entièrement par ses propres salariés, l'alliance Nouvelles Frontières-Preussag, le Britannique Easy Jet, la société foncière française FIDEI, ou par le groupe de conseil londonien AITI Holding. - Droits de reproduction et de diffusion réservés © Europe1.fr 2001 -
18 Juin 2001 Clicanoo Transport Aérien: AOM-Air Liberté attend sa mise en redressement
Depuis que les deux compagnies aériennes ont déposé leur bilan vendredi, leurs actionnaires, le groupe Swissair et Ernest-Antoine Seillière au travers de sa holding Marine-Wendel, se rejettent mutuellement la responsabilité, sans épargner le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot. Depuis le 2 avril, les deux actionnaires ont arrêté de financer la compagnie, ce qui a conduit au dépôt de bilan. M. Seillière, par ailleurs président du Medef, a accusé le groupe Swissair et le ministre des Transports d’avoir «provoqué et accéléré la débâcle» du pôle aérien. Le groupe suisse a simplement rejeté ces allégations, tandis que Jean-Claude Gayssot a renvoyé la responsabilité de la «désastreuse gestion» d’AOM/Air Liberté à tous ses actionnaires.DESSINER UN AVENIR POUR L'ENTREPRISE
Le président de l’Assemblée nationale Raymond Forni avait qualifié vendredi de «scandaleuse» l’attitude de M. Seillière : «On ne peut pas se contenter, quand on est actionnaire, d’empocher les dividendes et de larguer (…) les salariés lorsque cela va mal». Les représentants du personnel de la compagnie aérienne, qui ont accueilli sans surprise l’annonce d’un dépôt de bilan qu’ils savaient imminent depuis plusieurs jours, tentent de sauver les meubles, en attendant la décision du tribunal de commerce. Ainsi, ils ont exclu tout recours immédiat à la grève, afin de poursuivre l’exploitation et de ne pas précipiter la cessation de paiement. Aujourd’hui, en comité d’entreprise, ils discuteront de la situation de l’entreprise et du calendrier d’examen du plan social d’accompagnement, et ils désigneront ceux d’entre eux qui les représenteront auprès du tribunal de commerce mardi. Toujours demain, une autre délégation a rendez-vous au ministère des Transports, pour toute une journée de travail destinée à dessiner un avenir pour l’entreprise, et à tenter de favoriser le reclassement des salariés qui devraient malgré tout la quitter. Selon eux, la compagnie peut vivre sur sa trésorerie jusqu’au 7 juillet environ. «Nous devons tout faire pour écarter la liquidation, qui serait une absurdité au plan humain autant qu’industriel», affirme M. Gayssot dans l’Humanité de lundi. Deux déclarations de cessation de paiement ont été déposées au Tribunal de commerce, l’une au nom d’Air Liberté et l’autre au nom d’Air Liberté/AOM (qui est en réalité l’ancienne compagnie AOM). La compagnie Air Liberté avait déposé une première fois le bilan en 1996, ce qui avait débouché sur un plan de continuation dont elle fait toujours l’objet. En cas de nouveau dépôt de bilan, une société ne peut, en principe, bénéficier d’un autre plan de continuation, les seules solutions étant alors un plan de cession ou une liquidation judiciaire. Toutefois, au vu du caractère social de l’affaire, le tribunal de commerce aurait la possibilité «d’inclure une dérogation et de permettre un plan de continuation» pour la compagnie Air Liberté, a estimé samedi Alain Blanc-Brude, membre du conseil de surveillance du pôle aérien. Quoi qu’il en soit, seule l’intervention de nouveaux investisseurs peut permettre une poursuite de l’activité des compagnies. Mais la confusion et l’opacité règnent sur leurs intentions exactes et leur nom : la compagnie aérienne pourrait être rachetée partiellement ou entièrement par ses propres salariés, l’alliance Nouvelles Frontières-Preussag, le britannique Easy Jet, la société foncière française FIDEI, ou par le groupe de conseil londonien AITI Holding.
"ET S'IL N'Y PLUS D'AVION EN JUILLET ?..."
Il existe des aspirants voyageurs inquiets. On en a rencontré hier. Ils hantent l’aéroport Roland-Garros l’air préoccupé. Pas forcément parce qu’ils doivent voyager le soir-même et qu’ils espèrent bien ne pas avoir à regretter d’avoir opté pour AOM… (“Quand même… Il n’y a personne pour nous renseigner vraiment…”). Mais aussi parce qu’ils ont payé depuis sept ou huit mois leur billet pour un départ en juillet avec retour en août et qu’à l’annonce du dépôt de bilan, ils s’imaginent déjà rester en plan à la Réunion, leur rêves d’évasion en déroute. “Y aura-t-il des avions ?”, est leur première question, suivie d’une autre préoccupation : “Sinon, comment on va faire pour partir quand même ? Sur quelle compagnie ? Y aura-t-il encore de la place ? Et surtout à quel prix ? Nous, nous nous y sommes pris suffisamment à l’avance pour acheter des billets à 5 500 francs. Là, quand on se renseigne chez Air France il ne reste que des billets à 13 000 francs !”, explique un jeune couple atterré, planté devant le comptoir d’AOM/Air Liberté obstinément fermé en cette matinée dominicale, ce qui accroît leur désarroi. “Ils pourraient au moins ouvrir un service d’information permanent pour renseigner le client !”. Des clients comme eux qui ne doivent pas partir avant le 14 juillet mais qui ont profité de cette journée de liberté pour venir aux nouvelles et se rassurer avec, finalement, une seule idée en tête : “Avoir la certitude que nous serons au moins remboursés”. C’est pas gagné, note de son côté un autre fidèle d’AOM un peu largué qui, lui, voudrait partir le soir-même pour raisons familiales urgentes et qui ne trouve personne pour le renseigner. “Je vais voir chez Air France, quel que soit le prix, mais encore faut-il qu’il y ait une place ! …”. Voyager par les temps qui courent, ça n’a décidément rien d’un long fleuve tranquille. Pour l’instant, les avions de la flotte en péril continuent de se poser à Gillot et tout le monde croise les doigts pour que des solutions puissent être annoncées cette semaine. A suivre. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -
Le grand témoin - Sabine Tessier: La fin d'AOM me fait de la peine
“J’ai peine à croire que c’est vraiment la fin. Je pense à tout le personnel qui se retrouve aujourd’hui en rade. Mais je pense aussi à nous autres consommateurs. Dans le contexte d’insularité qui est le nôtre, où le transport aérien tient une place importante, va t-on revenir à une situation de monopole, avec des tarifs exorbitants ? D’ailleurs, peut-on encore se payer des billets à prix d’or aujourd’hui ? Enfin, dernière question : les décideurs comme on les appelle, ont-ils fait tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver AOM ?”. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -18 Juin 2001 Airline Industry Information AOM-Air Liberte file for bankruptcy protection
AIRLINE INDUSTRY INFORMATION-(C)1997-2001 M2 COMMUNICATIONS LTD
French carriers AOM and Air Liberte filed for bankruptcy on 15 June, resulting in a short work stoppage being implemented by employees. All flights operated by the two airlines from Paris' Orly airport were cancelled on 15 June, however flights were reportedly operating as normal on Saturday (16 June). The airlines have indicated that operations will be reduced from today (18 June), when daily round-trip flights from Paris to Nice will be cut from 14 to 12, while flights between Paris and Toulouse will drop from ten to eight, Paris-Toulon from six to five and Paris to Perpignan from six to five. AOM/Air Liberte has indicated that the group has sufficient funds to continue operations until the end of June. The airlines will continue flights while a court-appointed receiver develops a restructuring plan for the airlines, which combined their operations in 2000. The carriers are 49% owned by Swissair Group and 51% owned by Marine Wendel. The filing for bankruptcy protection has angered French Transport Minister Jean-Claude Gayssot, who claims that shareholders have not done enough to find a solution. easyJet, a UK-based carrier, has apparently expressed an interest in acquiring some of the airlines' assets and has already approached Swissair Group and the French government according to The Associated Press. - COPYRIGHT 2001 M2 Communications Ltd. - COPYRIGHT 2001 Gale Group -