17 Juin 2001 Clicanoo AOM-Air Liberté: Les syndicats veulent encore y croire
Au lendemain du dépôt de bilan, les syndicats jugent que la compagnie peut vivre sur sa trésorerie "jusqu'au 7 juillet environ". En outre, le scénario catastrophe selon lequel ce nouvel accident de parcours aurait condamné Air Liberté, déjà en plan de continuation (depuis 1996), à la liquidation immédiate, semble écarté, un plan de continuation pouvant légalement être prononcé pour les deux entités. Dans ce contexte, ils ont exclu tout recours immédiat à la grève, afin de poursuivre l'exploitation et de ne pas précipiter la cessation de paiement. "Nous recherchons une solution de reprise globale et pérenne, préservant l'emploi", expliquait hier Gilles Nicoli (CFDT). Ce sera l'objet de la journée de travail, mardi, entre les syndicats et le ministère des Transports, pour définir "le périmètre industriel de la future entreprise", et "les solutions de reclassement pour les salariés" qui devront quitter la compagnie, a-t-il ajouté. "Notre interlocuteur, c'est le ministère, et notre partenaire, c'est le ou les investisseurs" nouveaux, a estimé Didier Petit (SPAC, pilotes), précisant que "les syndicats sont à l'écoute de tout projet". Toutefois, si les syndicats sont unis sur l'exigence du maintien de l'emploi, ceux d'AOM préfèreraient "une solution du chacun chez soi", à l'encontre de toute fusion entre les compagnies, selon la CGT d'AOM. Mais au-delà de leurs espoirs, les syndicats craignent que les investisseurs "ne viennent faire leur marché et ne rachètent que les fragments juteux".Les actionnaires se renvoient la balle
En attendant, si confusion et opacité règnent sur les investisseurs potentiels (reprise par les salariés, Nouvelles Frontières-Preussag, Easy Jet, FIDEI, AITI, voire d'autres), les actionnaires actuels s'attachent surtout à se renvoyer la responsabilité du dépôt de bilan. Alors que Swissair en faisait porter le poids sur Marine Wendel, l'établissement d'Ernest-Antoine Seillière, accusé d'avoir refusé de co-financer le plan de restructuration préalable à une reprise globale, le patron des patrons français a vertement répondu hier. Clouant au pilori Swissair mais aussi le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, qui ne lui a pas ménagé ses attaques ces derniers temps, le mettant politiquement en situation délicate, M. Seillière les a accusés d'avoir "provoqué et accéléré la débâcle qui menace le sort de milliers de salariés". "Swissair avait signé un document stipulant qu'elle ferait face seule, sans jamais nous demander d'argent, aux besoins financiers à l'avenir", a-t-il assuré, en disant "attendre des tribunaux qu'ils établissent notre bonne foi". Aussitôt, M. Gayssot a rappelé "l'entière responsabilité des actionnaires dans la désastreuse gestion" des compagnies, les accusant d'avoir "choisi de privilégier leurs intérêts propres au détriment de l'entreprise et de ses salariés". Puis c'est Swissair qui a renvoyé la balle, en affirmant que M. Seillière, majoritaire, "a trois sièges au conseil d'administration d'AOM Air Liberté, et a toujours été présent pour les décisions stratégiques". Quant à l'engagement écrit de ne plus le solliciter financièrement, il s'agit d'un "document ancien", qui "se rapporte à la période de restructuration de l'année dernière et n'a rien à voir avec la situation actuelle de dépôt de bilan", selon Swissair. "Pour l'instant, on s'occupe du sauvetage. Mais les actionnaires doivent s'attendre, de notre part, à une démarche judiciaire de recherche en responsabilité", préviennent quant à eux les syndicats.
Les sportifs en stand-by
Trouver des places dans les avions en cette période de l’année, sans se ruiner, devient un véritable défi. Et si les voyages vers la métropole se trouvent souvent justifiés par des impératifs professionnels ou vacanciers dont l’urgence est relative, quand il s‘agit de partir pour passer des examens ou encore pour défendre les couleurs de la Réunion au sein de compétitions sportives en France ou à l’étranger, le préjudice du “pas de place” a un prix dont la valeur dépasse largement les 8 000 ou 9 000 francs exigés. Comme nous l’indique dans un courrier, un lecteur de Saint-Gilles, Jean-Claude Caussanel, les dégats ont déjà commencé sous forme d’annulations pour plusieurs équipes sportives. “L’Oresse, qui gère ces voyages, se heurte au refus des deux autres compagnies aériennes de prendre en charge les dossiers Air-Liberté: pas de places !”, écrit notre interlocuteur qui précise “On préfère sûrement, dans ces compagnies, des individuels à 9 000 francs le billet plutôt que des groupes au tarif Oresse... On veut bien compléter le remplissage en avion au coup par coup, quant à mettre des vols supplémentaires, cela se fera au compte-goutte et à des tarifs inabordables pour des associations sportives. Témoins ces communiqués pour une manifestation sportive à venir : 9 500 francs pour un groupe de 80 personnes, le tarif de notre compagnie nationale, et même punition, 8 800 francs, pour celui de la compagnie de M. Maillot (NDLR : Corsair). Que ce dernier avait bien raison d’affirmer dans l’émission Capital que la concurrence n’est réelle sur une destination que lorsqu’il y a plus de deux opérateurs. En attendant, nos sportifs méritants, qualifiés dans des compétitions nationales voire internationales risquent fort de devoir rester chez eux et de regarder le haut niveau à la télévision ( pour les sports qui ont la chance d’être médiatisés...). Les déclarations d’intentions des uns, les promesses des autres, c’est bien. Les décisions concrètes, c’est mieux et c’est très urgent”, conclut M. Caussanel. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -