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15 Juin  2001   Clicanoo   Transports Aériens: Descente aux enfers pour AOM-Air Liberté

Le CE, consacré à "la situation économique particulièrement grave de l'entreprise", a duré toute la journée et se poursuivait hier en fin d'après-midi. Dans la matinée, le pdg de la compagnie, Marc Rochet, avait informé les représentants du personnel "de la possibilité à très brève échéance d'un dépôt de bilan" pour la compagnie. Le dépôt de bilan, qui entraînera la saisie du tribunal de commerce de Créteil, "devrait intervenir en début de semaine prochaine, au plus tard mercredi", a-t-on précisé à la direction, "sauf changement de dernière minute et/ou formalisation imminente d'une nouvelle offre". En clair, le dépôt de bilan sera prononcé si les actionnaires principaux d'AOM-Air Liberté, le groupe Swissair et l'établissement Marine Wendel dirigé par Ernest-Antoine Seillière, ne se mettent pas d'accord dans les prochains jours pour injecter à la compagnie les quelque trois milliards de francs nécessaires au comblement du déficit et au financement du plan social. Mais si le groupe Swissair semble avoir fait un pas en ce sens en se déclarant prêt à mettre 1,5 à 2 milliards de francs, M. Seillière refuse de contribuer au comblement d'un déficit qu'il estime uniquement imputable à la gestion de son partenaire suisse.
"M. Seillière maintient la position qu'il a toujours tenue en tant qu'actionnaire non gestionnaire", a indiqué hier à l'AFP la direction de Marine Wendel. "Les engagements financiers ont entièrement été pris par les Suisses" et "il n'y aura pas de changement de notre part d'ici le 30 juin, et même au-delà", a-t-on ajouté. 

TROIS SCÉNARIOS POSSIBLES

"On s'achemine très vite vers un dépôt de bilan, sauf si M. Seillière met la main à la poche", a confirmé le délégué CGT Paul Fourier à la sortie du CE du matin, au cours duquel la direction a fait selon lui état de "trois scénarios". "Première solution: M. Seillière paie, et il y aura possibilité d'examiner sérieusement quatre offres pour une reprise d'AOM-Air Liberté, dont deux ont une assise financière solide et l'une émane d'un gros investisseur coté en bourse", a expliqué M. Fourier. "Les candidats à la reprise attendent en effet un assainissement effectif de la situation économique et financière de la compagnie avant de s'avancer", a-t-il ajouté. "Dans le cas contraire", il ne resterait plus que deux solutions: un dépôt de bilan d'ici quelques jours, ce qui permettrait de faire des économies et de poursuivre l'activité d'ici mi-juillet, ou la cessation de paiement fin juin avec à la clé la liquidation judiciaire", a conclu M. Fourier. Au cours de ce même CE, la direction a indiqué que l'entreprise ne disposait que d'"une trésorerie lui permettant d'assurer ses engagements à très court terme". La CFDT estimait de son côté qu'il manquait à la compagnie "au moins 70 millions pour finir le mois de juin". Les syndicats espèrent un ultime volte-face des actionnaires, en craignant un dépôt de bilan qui, s'il n'empêche pas l'arrivée d'un repreneur providentiel, pourrait également déboucher sur une vente par appartement de la compagnie. Celle-ci a par ailleurs indiqué au cours du CE qu'un programme de vol allégé pourrait être mis en place à partir du 18 juin, en précisant toutefois que l'exploitation serait maintenue sur les destinations actuellement desservies.

UN DÉPÔT DE BILAN D'AOM/AIR LIBERTÉ INQUIÈTE LES PROFESSIONNELS DU TOURISME

Un éventuel dépôt de bilan des compagnies aériennes françaises AOM et Air Liberté inquiète les professionnels français de tourisme, particulièrement sur certaines destinations, alors que les réservations pour la saison d'été battent leur plein. Marc Rochet, président des compagnies AOM/Air Liberté, a informé hier les représentants du personnel "de la possibilité à très brève échéance de dépôt de bilan pour l'ensemble des compagnies Air Liberté AOM". L'AFAT, deuxième réseau français d'agences de voyages indépendantes, a estimé hier que la situation du pôle Air Liberté/AOM est "particulièrement préoccupante pour les passagers et les agences de voyages de ces compagnies". Cette situation, selon l'association, "risque de poser de très graves problèmes aux tours-opérateurs ayant des engagements hôteliers aux Antilles et à la Réunion et devenir très inquiétante pour les passagers en provenance ou à destination des DOM". L'association demande donc aux actionnaires du pôle "d'assumer leurs responsabilités". Le directeur général du voyagiste Marsans France, Bruno Gallois, craint pour sa part d'avoir des difficultés en juillet et août pour ses vols vers la République Dominicaine et Cuba, qui font partie de ses destinations phares. Les deux destinations représentent 800 sièges par mois au total sur AOM pour le voyagiste. Selon M. Gallois, le danger a toutefois été anticipé pour l'hiver, avec des solutions de remplacement par les compagnies Corsair et Air France. "C'est dramatique, on revient à une situation de monopole d'Air France", s'inquiète pour sa part la présidente de Grand Large Voyages, Janine Bousquet. "Nous avons beaucoup de réservations sur les Antilles. Si Air Liberté arrête, je ne sais pas comment les passagers vont rentrer chez eux", a-t-elle noté. Le gros voyagiste Kuoni indique en revanche que "des solutions ont été planifiées avec Air France" pour l'été, sans toutefois dévoiler sa stratégie. A la Réunion, très concernée par la menace qui pèse sur le pôle aérien, les professionnels du tourisme se montrent très inquiets. La présidente du Comité du tourisme de la Réunion, Margie Sudre, ex-secrétaire d'Etat à la Francophonie, a alerté le gouvernement. Elle a estimé qu'une disparition de ces compagnies serait "catastrophique" pour le secteur du tourisme. En 2000, Air France est arrivé en tête de la desserte entre la Réunion et la métropole avec 42,4 % du trafic (32 % à AOM-Air Liberté et 25,6 % à Corsair). En province sur le territoire métropolitain, certaines villes craignent pour leur avenir, selon le rôle qu'y joue le pôle aérien en difficulté. Si pour Bordeaux et Lyon, le trafic du pôle est faible, un éventuel dépôt de bilan d'AOM/Air Liberté aurait "une forte incidence" financière sur l'aéroport Metz-Nancy-Lorraine, dont la majorité des passagers sont transportés par Air Liberté, a indiqué le directeur de l'aéroport José Wagner. Environ 170.000 passagers ont été transportés par Air Liberté en 2000 à destination ou en provenance de Metz-Nancy-Lorraine, sur un total d'environ 350.000. Ce chiffre représente 77 % du trafic des vols réguliers, le reste étant assuré par Air France. Même inquiétude à Nice, où AOM, Air Liberté et Air littoral ont transporté environ 2,4 millions de passagers en 2000, ce qui représente plus du quart du trafic de l'aéroport de Nice Côte d'Azur.
La chambre de commerce et d'industrie (CCI), concessionnaire de l'aéroport, estime que l'économie de la Côte d'Azur ne peut plus se passer de la desserte aérienne de ces compagnies, "aussi bien pour son activité touristique que ses voyages d'affaires".
- 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -

15 Juin  2001   BBC News   French airline files for bankruptcy

France's second ranking regional airline group, AOM/Air Liberte, has filed for bankruptcy, hours after talks with an unnamed investor raised hopes of rescue. The group, which has been struggling for months to secure new investment, said it hoped that, under court administration, it would win the time needed to implement quick restructuring. But the move, which threatens the jobs of the group's 5,500 staff, was condemned by French transport minister Jean-Claude Gayssot. "It is accepted that there are solutions for the base in Paris to continue," he said. Earlier on Friday Mr Gayssot had expressed hope that an unnamed investor, thought to be US based, had would rescue the group. "We have a serious candidate," he said. "We have to save [France's] second aeronautic business. "There is room for it and it has... undeniable industrial potential.".

EasyJet interest

AOM/Air Liberte, which is controlled by Swissair, has previously unveiled a restructuring involving the loss of 1,300 of its 5,500 jobs and the axing of routes. UK budget carrier EasyJet, Europe's second-biggest discount airline, is thought to be interested in buying part of the group. It wants to operate flights from Orly airport in Paris, a move which, it claims, could safeguard the jobs of some AOM/Air Liberte staff. The company is keen to establish Orly as a major European operating base and bring low-cost flights to the French market. But it is not thought to be interested in a wholesale rescue package, rather in cherry-picking staff, landing slots and equipment in its attempt to dominate the European budget travel market. Although the British discount airline is willing to guarantee "hundreds of jobs" at AOM/Air Liberte, it is not willing to take on the French company's existing debt. It is also too early to talk about a price tag for the bankrupt airline, a spokesman said. "What they are offering, and what we are prepared to pay will come later. This is just throwing our hat into the ring," he said. Ray Webster, easyJet chief executive, said: "An opportunity exists which could enable us to offer services from Paris, Orly, where we believe strong latent demand exists for low cost flights." But he said the company needed assurances that it could operate low cost flights and that take-off and landing slots would be available.

Rescue bids

Over the last few weeks, the French government has made a series of attempts to rescue AOM/Air Liberte. On 14 June, Mr Gayssot met AOM/Air Liberte's main shareholders, Marine-Wendel and Swissair, in the hope of stitching together a 3bn francs ($388m; £274m) rescue package. But real hopes of saving the group from collapse appeared to rest on Swissair, which has itself been in deep financial trouble after a strategy of buying stakes in a number of smaller, financially weaker, airline groups proved disastrous. According to Swiss press reports, the French firm's bankruptcy will cost Swissair 6bn French francs. In a statement, the Swiss company said that it had already made provisions for such a cost, and that its departure from the French market would remove a huge element of uncertainty from the group's overall financial position.