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02 Juin  2001   Clicanoo   Première proposition pour le rachat d'AOM-Air Liberté

Dans un communiqué reçu à Paris, AITI Holding annonçait dans la nuit de jeudi à vendredi le dépôt "en son nom propre" d'une offre globale d'un montant de 3 milliards de FF pour la reprise des deux compagnies auprès de leurs actionnaires, le Groupe Swissair et Taitbout Antibes, détenu à majorité par l'établissement d'Ernest Antoine Seillière, Marine Wendel. “L’offre ne concerne pas que les actifs” a indiqué un porte-parole d’AITI. “Le projet est de reprendre l’intégralité des activités et de faire en sorte d’assurer leur continuité sous leur forme actuelle”. Ce cabinet de conseils financiers avait déjà fait parler de lui le 24 mai. C'est par son entremise qu'un projet de reprise des deux transporteurs par Virgin Express, filiale du groupe de l'homme d'affaires Richard Branson, avait été évoqué, pour être démenti aussitôt par le groupe britannique. Une raison pour la direction d'AOM/Air Liberté de douter du sérieux de l'offre. "La direction ne dispose à ce jour d'aucune preuve tangible sur la réalité des fonds proposés à hauteur de 3 milliards de FF par le cabinet AITI pour la reprise des compagnies", souligne-t-elle. La direction AOM/Air Liberté "poursuit l'évaluation des offres réelles et sérieuses qui lui ont été faites par ailleurs", ajoute-t-elle, une façon d'appuyer davantage son scepticisme. Selon des sources industrielles, huit candidats potentiels à la reprise, de tout ou parties des compagnies, se seraient manifestés. Interrogé, Marine-Wendel a confirmé le dépôt d'une offre, actuellement à l'étude, par AITI. "Il faudra que AITI remplisse un certain nombre de conditions comme les autres. Mais à ce jour, on n’a pas vraiment de précision sur le cabinet AITI", reconnaît une porte-parole de l'établissement français. L'attachée de presse de AITI en France, Victoire Ferrari, dont émane le communiqué sans en-tête de la société annonçant le dépôt de l'offre, assure vendredi que "la lettre d'intérêt est ferme et fixe". "Il ne peut y avoir aucun doute sur la légitimité de l'offre", indique-t-elle, sans pouvoir cependant préciser les motivations de la société. Dans l'annuaire, AITI Holding a bien une adresse à Rayleigh, dans la banlieue sud-est de Londres, et un numéro de téléphone, qui sonne cependant toujours occupé. Une rencontre prévue vendredi matin entre un représentant de AITI et le comité d'entreprise d'AOM/Air Liberté n'a finalement pas eu lieu "en raison des délais trop courts", indique Sylvie Faure, représentante CGT chez Air Liberté, soulignant que la réunion est reportée au 6 juin. "Nous avons besoin d'évaluer leur projet industriel et social et d'en savoir plus sur la société elle-même", précise-t-elle. Comment un petit cabinet de conseil financier peut mettre 3 milliards de FF sur la table pour acquérir des compagnies aériennes en son nom propre est certes un sujet d'interrogation pour les syndicats. "Pour nous, c'est très intéressant d'avoir enfin un investisseur qui se déclare officiellement", souligne cependant Mme Faure, regrettant le flot de rumeurs autour des repreneurs éventuels qui attisent encore davantage les craintes des employés. Au bord de la faillite, AOM et Air Liberté sont en quête active de repreneurs depuis que les actionnaires Groupe Swissair et Taitbout Antibes ont confirmé fin avril vouloir mettre définitivement un terme fin juin à leur financement. Le Pdg d'AOM/Air Liberté Marc Rochet a annoncé le 21 mai un projet de restructuration entraînant la suppression d'un tiers des emplois et un sévère plan de réduction de l'activité. Les personnels d'AOM et Air Liberté avaient observé plusieurs jours de grève à l'issue de l'annonce de ce plan, auquel ils sont opposés. - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -