29 Mai  2001   L'Alsace  AOM: grève suspendue

LES PILOTES d'AOM ont suspendu hier leur grève tout en restant prêts à relancer l'action. Le trafic devait revenir à la normale aujourd'hui, avec des perturbations sur Marseille, Montpellier et Bordeaux, selon la direction. « Nous maintenons un préavis de grève permanent, qui nous laisse la possibilité de repartir en grève à tout moment », a expliqué le syndicat de pilotes SNPL d'AOM, en évoquant « des grèves surprises ». Les pilotes d'AOM s'opposent, comme tous les autres personnels d'AOM et d'Air Liberté, au plan de restructuration présenté par le PDG Marc Rochet, qui prévoit la suppression d'un tiers des emplois. Mais ils souhaitent aussi que soit envisagée une « dé-fusion » entre AOM et Air Liberté, afin de favoriser l'arrivée de nouveaux investisseurs, qui pourraient n'être intéressés que par une partie du groupe. Toute la journée, un comité d'entreprise AOM-Air Liberté a mis aux prises Marc Rochet et les représentants du personnel, le PDG devant donner des précisions sur son plan aux élus, qui en rejettent toujours le principe même.« Il y a des points d'interrogation partout, et des réponses sur rien », déplore la CGT. Selon CGT et CFDT, M. Rochet a laissé entendre que les personnels qui quitteraient l'entreprise maintenant pourraient être reclassés, mais qu'en septembre il serait trop tard, incitant ainsi les salariés à démissionner « sans garantie sur leur avenir ». Par ailleurs, poursuit la CGT, « on ne sait toujours pas si les actionnaires actuels financeront son plan, estimé à 3 milliards de F ». En fin de journée, le CE a voté une délibération refusant d'entamer toute discussion sur le plan de restructuration et sur le plan social. Parallèlement, les syndicats sont sortis déçus d'une rencontre au ministère des Transports, dans la soirée, à laquelle le ministre Jean-Claude Gayssot n'a finalement pas participé, contrairement à ce qui était prévu. Il doit les recevoir mardi 5 juin - © L'Alsace -

29 Mai  2001   Clicanoo   Transports: Répit pour les passagers

Plus d’un mois après le début du conflit AOM-Air Liberté, et même si les pilotes ont repris le travail hier, le problème de fond n’a pas pour autant changé : il est bel et bien question de la pérennité de la compagnie aérienne. Qui peut sauver AOM ? Une compagnie qui n’est toujours pas sortie de sa zone de turbulences financières. Cette situation inquiète, outre les passagers, toute la classe politique et économique des DOM en général, et de la Réunion en particulier. D’où la montée au créneau crescendo de nos élus pour défendre ce dossier jugé important pour le désenclavement de l’île et pour son développement économique. C’est en tout cas un dossier d’actualité qui se retrouve au centre de toutes les préoccupations. Nos élus ont décidé d’agir pour tenter de rétablir la situation de plus en plus critique. Comment ? Ils ont imaginé trois scénarios. 

Première hypothèse : “Il faut sauver AOM-Air Liberté !” :

Difficile en effet de trouver un élu hostile à une telle bataille. Nos politiques réfutent toute situation de monopole. Leur objectif : barrer la route à Air France comme seule compagnie aérienne desservant les Dom. Dans l’avion qui les menait à Paris dimanche soir, Jean-Paul Virapoullé (UDF) et Elie Hoarau (PCR) ont longuement conversé sur le sujet. Ils sont tous les deux sur la même longueur d’ondes, à l’image d’ailleurs de la Région et du Département. Deux collectivités qui, dès le départ, n’ont pas lésiné sur les moyens à mettre en œuvre. Le conseil général avait même proposé une aide financière immédiate de 50 MF pour sauver AOM. Une goutte d’eau, hélas, dans le ciel aérien. Mais plus qu’une intervention financière, Jean-Luc Poudroux voulait afficher avant tout la volonté politique de la collectivité départementale, qui n’est pas insensible au problème. Lucette Michaux-Chévry, présidente de la Région Guadeloupe avait elle aussi annoncé l’octroi d’une garantie financière à Air Liberté pour le maintien de ses vols hebdomadaires Paris-Pointe-à-Pitre. Or, aucun cadre juridique ne permet une telle collaboration puisqu’elle heurte de front un article du Traité de l’Union européenne. Les élus ne désarment pas pour autant. Hier soir, lors du dîner avec les parlementaires de gauche à l’invitation de Christian Paul, rue Oudinot, le député socialiste Michel Tamaya a remis le dossier AOM sur la table. “Il ne faut surtout pas laisser une situation de monopole à Air France. J’avais déjà soulevé le problème le 17 mai dernier en présence du chef de l’Etat à l’occasion du déjeuner républicain, à la préfecture de Saint-Denis”, souligne Michel Tamaya. Au secrétariat de l’Outre-mer, on précise “que l’affaire est suivie de très près”, même si les décisions sont prises chez Jean-Claude Gayssot, au ministère des Transports. Après une rencontre, il y a trois semaines, avec Marc Rochet, Pdg d’AOM, Christian Paul a assuré qu’il restait vigilant sur le sujet. Paul Vergès, président de la Région et Jean-Paul Virapoullé, premier vice-président du Département, ont également plusieurs rendez-vous - séparément - cette semaine, à Paris. A l’ordre du jour : la desserte aérienne de la Réunion. 

Deuxième hypothèse : donner sa chance à Air Austral:

Michel Tamaya l’a dit au ministre de l’Outre-mer, hier soir : “Il faut sauver AOM ou, dans le pire des cas, trouver une alternative”. En clair, au-delà de la volonté politique unanime affichée par la classe politique locale, les élus ne se font pas trop d’illusions quant à l’avenir d’AOM. “Il faudra organiser un tour de table, trouver des repreneurs”, préconise le député socialiste de Saint-Denis, qui pense à “une démarche citoyenne et à la responsabilisation des usagers”. En fait, il n’exclut pas, par exemple, l’ouverture du capital d’AOM-Air Liberté aux collectivités mais aussi à la population. Or, on ne sauve pas une compagnie aérienne comme on pourrait sauver une conserverie ! Jean-Paul Virapoullé estime “que la Réunion n’a pas les reins assez solides pour remplacer une compagnie comme AOM, malgré toute notre bonne volonté.” Mais alors que faire ? “Jouer la carte Air Austral, une compagnie régionale”. La proposition émane de Paul Vergès. L’initiative est appuyée par le conseil général. Si AOM-Air Liberté devait mettre la clé sous le paillasson, 35% du marché aérien seraient libérés. Air Austral pourrait ainsi se positionner. “Air Austral se porte garant d’une liaison quotidienne entre la Réunion et Paris. Nous pouvons le faire”, martèle le président de la Région. En tant que président de la SEMATRA, Jean-Luc Poudroux a commandé une étude sur la faisabilité et la rentabilité d’une telle opération. A l’image de l’île Maurice, qui a pris en main son désenclavement, la Région et le Département restent persuadés que la Réunion n’est pas née non plus de la dernière pluie, et qu’elle n’a pas à se faire dicter la marche à suivre en la matière par Air France, “qui joue plutôt la carte d’Air Mauritius”, laisse-t-on entendre. 

Troisième hypothèse : la continuité territoriale

La troisième hypothèse rejoint la deuxième. Air Austral veut certes voler de ses propres ailes vers le ciel hexagonal, mais pour l’instant Air France détient ce que l’on appelle “une minorité de blocage”, soit 36% au sein du capital d’Air Austral. “Il faut qu’Air France sorte du capital d’Air Austral”, tempête Jean-Paul Virapoullé. “Air France doit coopérer, il ne doit pas s’opposer à Air Austral”, soutient avec force Paul Vergès. A l’instar d’Air Calin (Air Calédonie International) en Nouvelle-Calédonie - qui desservait les Etats-Unis en partenariat avec AOM, et qui assure la desserte au Japon dans le cadre d’un partenariat commercial et promotionnel avec Air France - les élus locaux soutiennent à fond la compagnie Air Austral. Et souhaitent la renforcer en la recapitalisant. C’est-à-dire en ouvrant davantage le capital aux collectivités locales et aux acteurs économiques. Pour pérenniser cette opération, nos élus font appel à une participation financière de l’Etat en revendiquant la continuité territoriale, comme en Corse ou dans certaines régions ultra-périphériques. Michel Barnier, commissaire européen, en visite dans l’île il y a deux semaines, déclarait : “Si le gouvernement français prend une initiative pour augmenter la capacité de transport des passagers et des marchandises, l’Union européenne étudiera cela avec beaucoup d’intérêt”. Raison pour laquelle, nos élus tournent aujourd’hui leur regard vers l’Etat pour désenclaver la Réunion au niveau du transport aérien. Et comme on sait que le gouvernement souhaite apporter “une réponse politique” à ce problème avant la mi-juin, avant les vacances d’été, les élus ont sans doute une sérieuse carte à jouer. - Yves Mont-Rouge - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -

Transports: Les pilotes d'AOM suspendent leur mouvement provisoirement

Les passagers sur le départ mais aussi le personnel local d’AOM Air Liberté, sur le pont depuis une semaine, vont pouvoir souffler. Réunis en assemblée générale dans la matinée de lundi, les pilotes d’AOM, ont «suspendu» leur mouvement. Cette décision devrait permettre dès aujourd’hui une reprise des vols. Le trafic devait revenir à la normale aujourd’hui, avec des perturbations sur Marseille, Montpellier et Bordeaux, selon la direction.

«DÉ-FUSION» ENTRE AOM ET AIR LIBERTÉ ?

Hier à la Réunion, aucun appareil de la compagnie n’est arrivé de Paris mais dans la soirée, un Airbus A 340 300 devait s’envoler d’Orly. Il est attendu ce matin à Gillot et repartira ce soir avec à son bord les passagers de lundi et mardi. La trêve est cependant fragile. “Nous maintenons un préavis de grève permanent qui nous laisse la possibilité de repartir en grève à tout moment, a expliqué à l’AFP un responsable du syndicat de pilotes SNPL d’AOM, Patrick Bequet. Si le plan Rochet est maintenu avec les craintes pesant sur l’emploi des pilotes d’AOM, si rien ne bouge, le conflit repartira. Il s’agira alors de grèves surprises”. Du “plan Rochet”, il en a été question bien sûr lors du comité d’entreprise de la compagnie qui s’est tenu hier matin. Les pilotes d’AOM s’opposent, comme tous les autres personnels d’AOM et d’Air Liberté, au plan de restructuration présenté par le PDG qui prévoit la suppression d’un tiers des emplois. Mais ils souhaitent aussi que soit envisagée une «dé-fusion» entre AOM et Air Liberté, afin de favoriser l’arrivée de nouveaux investisseurs, qui pourraient n’être intéressés que par une partie du groupe. Toute la journée, un comité d’entreprise AOM-Air Liberté a mis aux prises Marc Rochet et les représentants du personnel, le PDG devant donner des précisions sur son plan aux élus, qui en rejettent toujours le principe même.
«Il y a des points d’interrogation partout, et des réponses sur rien», a déploré la CGT. Selon CGT et CFDT, «M. Rochet a laissé entendre que les personnels qui quitteraient l’entreprise maintenant pourraient être reclassés, mais qu’en septembre il serait trop tard», incitant ainsi les salariés à démissionner «sans garantie sur leur avenir». Par ailleurs, «on ne sait toujours pas si les actionnaires actuels financeront son plan, estimé à 3 milliards de F», a affirmé la CGT. Malgré tout, M. Rochet a souhaité que la prochaine réunion constitue l’ouverture de la procédure d’information et de consultation du CE (qui prévoit légalement trois réunions) sur la restructuration et le plan social. Mais, en fin de journée, le CE a voté une délibération refusant tout ordre du jour pour cette procédure légale, en l’absence d’informations complètes sur le plan de restructuration, tant qu’un «nouveau plan social, conforme aux dispositions légales» n’aurait pas été proposé, et tant que M. Rochet ne se serait pas engagé à ce que les éventuels investisseurs soient auditionnés par le CE, selon une source syndicale.

ABSENCE DE PROJET ET D'INESTISSEURS

«En l’absence de projet et d’investisseurs, nous ne pouvons entrer dans l’entonnoir de la procédure», a expliqué un délégué. Selon un autre élu du CE, M. Rochet, «qui nous a à plusieurs reprises mis la pression du dépôt de bilan, a alors refusé de signer le procès-verbal de la réunion». Parallèlement, plus que jamais demandeurs d’une table ronde sur une réorganisation du transport aérien français, les syndicats sont sortis «déçus» d’une rencontre au ministère des Transports, dans la soirée, à laquelle le ministre Jean-Claude Gayssot n’a finalement pas participé, contrairement à ce qui était prévu, mais doit les recevoir mardi 5 juin. Des assemblées générales du personnel sont prévues ce mardi midi.

UNE MISSION D'ÉVALUATION DANS L'ÎLE

Le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Christian Paul, l’avait annoncé, la délégation interministérielle composée de trois sous-directeurs, de la direction générale de l’Aviation civile, et des secrétariats d’Etat aux DOM-TOM et au Tourisme arrive ce matin dans notre département. Elle séjournera deux jours dans notre île avant de se rendre jeudi à Mayotte. Une mission identique a été conduite aux Antilles. L’objectif de la délégation : “Expertiser l’ensemble des mesures susceptibles de garantir, dans la durée, une offre satisfaisante de transport aérien”. A ce titre, la délégation procédera à un large tour d’horizon avec l’ensemble des interlocuteurs concernés par le dossier de la desserte aérienne. - Alain Dupuis - 2001©Clicanoo.com - STOR Informatique / le Journal de l'île -

29 Mai  2001   Airline Industry Information     AOM-Air Liberte strike continues on Monday

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Flights operated by the French airline group AOM/Air Liberte to Bordeaux, Geneva, Marseille, Montpellier and Toulouse were cancelled on Monday (28 May) due to continued strike action. All long-distance services were apparently running as normal however. Employees of the carriers are due to vote on 29 May about whether the strike action, which was launched last Wednesday (16 May), should continue. The protest action was started due to plans to cut 1,300 jobs as part of a restructuring programme for the carriers. - COPYRIGHT 2001 M2 Communications Ltd. - COPYRIGHT 2001 Gale Group -