03 Mai 2001 L'express.fr La refondation en panne
L'affaire AOM-Air Liberté arrive au moment où l'opération lancée par Ernest-Antoine Seillière piétine. Ernest-Antoine Seillière ressemble à ces sénateurs américains qui prêchent le retour des valeurs familiales et se font piéger en galante compagnie. D'un côté, le président du Medef milite, à travers la refondation sociale, pour un renouveau du dialogue avec les syndicats; de l'autre, il affirme n'être pas responsable de ce qui se passe chez AOM-Air Liberté: sa société Marine-Wendel en contrôle le capital, mais il estime que c'est l'actionnaire suisse, le groupe Swissair, opérateur des compagnies françaises, qui doit trouver une solution. Il a finalement assoupli cette position de principe. Le 25 avril, les actionnaires de Swissair ont accepté d'injecter 500 millions de francs dans AOM-Air Liberté. On ignore pour le moment si Ernest-Antoine Seillière a participé directement à cet apport ou si la charge en revient aux seuls Suisses, mais il leur a probablement donné un coup de pouce en renonçant à la garantie de rachat de ses actions AOM-Air Liberté dont il bénéficiait. Cette clause lui permettait de récupérer, en 2004, sa mise initiale, 300 millions de francs, augmentée d'un taux d'intérêt. Soulagés de cette contrainte, les Suisses ont pu se laisser convaincre d'accorder un sursis de deux mois aux compagnies aériennes françaises. Et Seillière accepte l'idée de perdre 300 millions, une broutille à l'échelle de son groupe. - par Corinne Lhaïk - Copyright L'Express -