31 Mars  2002    Yahoo.fr  21h51: Air Lib à la veille d'une grève à hauts risques

PARIS (AFP) - La confusion régnait, dimanche, à Air Lib où des informations contradictoires circulaient encore en fin de journée sur le degré de mobilisation des pilotes, à la veille d'une grève à hauts risques pour une compagnie qui lutte toujours pour sa survie. A 19H00 la direction d'Air Lib prévoyait que "100% du courrier domestique, et les vols sur l'Algérie seraient assurés, ainsi que ceux à destination de la Réunion". Pour les Antilles, "les vols en code partagé avec Air France (soit la moitié du secteur, NDLR) seront protégés", a ajouté le porte-parole d'Air Lib, Pascal Perri, pour qui "les conséquences de cette grève devraient être très faibles dans l'ensemble". Le "courrier domestique" couvre le programme "bas coûts" (low fare), Airlib Express, lancé dimanche pour relancer la compagnie sur le marché, avec des liaisons quotidiennes au départ d'Orly, à un tarif minimal de 29 euros l'aller simple, vers Nice, Toulouse, Toulon, Perpignan, Lourdes-Tarbes et Marseille. Selon des sources aéroportuaires, qui se déclaraient "perplexes" quant à la situation sociale actuelle à Air Lib, "la mobilisation ne devrait pas être massive lundi", tandis que des chefs d'escales de la compagnie prédisaient que "tous les vols devraient être maintenus". Un imbroglio syndical a surgi samedi, après une réunion direction-syndicats sur les revendications des pilotes appelant à la grève: un délégué syndical du SPAC (pilotes de l'aviation civile), Claude Meynié, a signé seul un moratoire proposé par la direction, prévoyant, en échange de la suspension de tout mouvement social, l'ouverture de négociations début avril en vue d'un accord global sur toutes les questions posées par les pilotes d'ici au 31 décembre. Or le secrétaire général du SPAC, Didier Petit, la CFTC et la CGT ont déclaré dimanche matin à l'AFP que cette "signature n'engageait que M. Meynié". Un communiqué intersyndical confirmait que les six syndicats appelant à la grève maintenaient leur mot d'ordre pour lundi, ce texte constituant "une restriction au droit de grève". Claude Meynié répliquait que "le préavis de grève avait été déposé sans consultation du personnel par assemblée générale", tandis que le SNPL (pilotes de ligne), qui semblait également divisé dimanche, indiquait qu'il "aurait signé le moratoire, s'il n'y avait pas eu de surenchère de la direction". Les discussions achoppent en fait sur un accord sur le montant des indemnités de licenciement qui pourraient être attribuées aux pilotes si un plan social était décidé à Air Lib, menace qui plane depuis plusieurs mois. Un accord sur le sujet devrait être signé le 4 avril avec les hôtesses et stewards (PNC) "dans des conditions beaucoup plus favorables que ce qui est proposé aux pilotes", arguent les tenants de la grève. Mais "les PNC sont trois fois moins bien payés que les pilotes", notent direction et non grévistes. Par ailleurs, selon la CGT, le tribunal de grande instance de Créteil devra statuer le 4 avril en référé sur une assignation du PDG Jean-Charles Corbet "qui a refusé de signer, devant huissier, l'ordre du jour d'un futur comité d'entreprise exceptionnel", visant à "déclencher un droit d'alerte concernant des éléments d'information que la direction refuse de communiquer", a indiqué Sylvie Faure, secrétaire adjointe du CE.

15h51: Grève Air Lib: le trafic devrait être normal sur la France et l'Algérie

PARIS (AFP) - La direction de la compagnie aérienne Air Lib a estimé dimanche qu'elle pourrait assurer lundi un trafic quasi normal sur ses vols courts et l'Algérie, avec néanmoins des incertitudes sur ses vols longs courriers, en raison d'une grève de 24 heures reconductible des pilotes. Les syndicats de personnels navigants techniques (PNT) ont cependant confirmé, dimanche leur appel à une grève de 24 heures reconductible. Selon le porte-parole de la direction, Pascal Perri, "il n'y aura pas de problème sur l'Algérie et pour Air Lib Express", le nouveau produit à "bas coûts" qui doit la relancer grâce à des liaisons quotidiennes au départ d'Orly, à un tarif minimal de 29 euros par aller simple vers Nice, Toulouse, Toulon, Perpignan, Lourdes-Tarbes et Marseille. M. Perri a cependant réservé ses prévisions pour les vols longs courriers (La Réunion et les Antilles) jusqu'à la fin de la journée. Les discussions direction-syndicats tenues samedi pour l'ouverture de négociations sur les revendications des syndicats qui ont lancé l'appel à la grève (CFTC, SNPL/pilotes de ligne, SNOMAC/officiers mécaniciens, UNAC-CGC, CGT et SPAC/pilotes de l'Aviation civile) "sont arrêtées jusqu'à nouvel ordre", a précisé M. Perri. Les syndicats de personnels navigants techniques (PNT) ont confirmé, dimanche dans un communiqué, leur appel à une grève de 24 heures reconductible, faute d'avoir pu trouver un accord avec la direction de la compagnie aérienne sur les indemnités en cas de licenciement. Les organisations professionnelles avaient proposé de signer en présence de Jean-Charles Corbet, PDG d'Air Lib, un accord sur les IDL (indemnités de licenciement) selon un projet finalisé le 27 mars pour tout licenciement sec en cas de plan social, indique ce communiqué. M. Corbet a "tout simplement ignoré cette proposition" et a proposé à son tour un "moratoire de sortie de grève", poursuivent les syndicats. Ce moratoire, dont l'AFP a obtenu une copie, prévoit l'ouverture de négociations "dans les premiers jours d'avril" en vue d'un "accord global avant la fin de l'année qui se substitue à tous les accords existants", en échange d'"un engagement des signataires à ne pas avoir recours à des arrêts de travail ou à des mouvements nuisibles à l'exploitation pendant la conduite de ces travaux". Le texte précise qu'en cas de "difficulté ou différend pouvant aboutir à un conflit social", "les signataires se donneront alors trois mois pour trouver une solution contractuelle" avant toute action sociale. Les syndicats considèrent que ce texte constitue "une restriction au droit de grève, imposée par la direction et donc nulle et non avenue". "Dans ces conditions, les organisations professionnelles PNT maintiennent leur ordre de grève du lundi 1er avril à 12h00 au mardi 2 avril à 12h00 (heure française)", conclut le communiqué. Un délégué syndical du SPAC (Syndicat des pilotes de l'aviation civile), Claude Meynié, a signé seul samedi soir ce moratoire, une signature que contestent d'autres syndicats appelant à la grève ainsi que le secrétaire général du SPAC d'Air Lib, Didier Petit, pour qui "M. Meynié a contrevenu au mandat de ses adhérents en signant ce texte illicite.